EKYOG lance un jeu concours avec les bloggeuses !

À l’occasion de la sortie en boutique de la nouvelle collection POUR LONGTEMPS… LES POCHETTES, EKYOG lance un jeu-concours avec la complicité de 6 bloggeuses incontournables de la planète mode. Chacune d’entre elles a crée sa propre pochette et y a glissé un message personnel, à la manière d’Amanda STHERS, Vahina GIOCANTE, Cécile TOGNI et Alexandra GOLOVANOFF. La bloggeuse ayant reçu la majorité des votes, gagnera la fabrication de sa pochette et sa distribution en boutique EKYOG. Un tirage au sort aura lieu le 28 mars 2011 pour permettre à 6 participants de gagner l’une des pochettes POUR LONGTEMPS… Alors à vous de jouer ! Rendez-vous sur pourlongtemps.ekyog.com

Internet c'est comme un grand repas de famille…

Même en diversifiant le plus possible ses sources, on se retrouve parfois confronté à l’impression de « vivre » Internet comme un gigantesque déjeuner de famille exacerbé ou chacun des convives parle sans écouter l’autre, interprète, raconte, amplifie, se fait remarquer, s’endort, gueule, s’en fout, conteste, approuve, réprouve, étale sa science, fait le timide, boit plus que de raison, fait sa salope ou sa mijaurée, claque la porte, cherche le conflit, déclare sa flamme, se brule, ment, commente, professe, s’embourbe, regarde sa montre, règle ses comptes, s’amuse, se régale, se force, s’ennuie,  écoute, apprend… Et finalement une fois le repas bien terminé, il ne reste que quelques convives à table pour les digestifs, s’ensuit en général la meilleure partie du repas, celle de l’échange véritable ou les apparences sociétales sont mises de côté et où les paroles se font sincères…

Voltaire : Poème sur le désastre de Lisbonne

Que dirait Voltaire aujourd’hui qu’il n’ait point déjà exprimé ?

O malheureux mortels ! ô terre déplorable ! O de tous les mortels assemblage effroyable ! D’inutiles douleurs éternel entretien : Philosophes trompés qui criez, « Tout est bien » Accourez, contemplez ces ruines affreuses, Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses, Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés, Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ; Cent mille infortunés que la terre dévore, Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore, Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours Dans l’horreur du tourment leurs lamentables jours ! Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes, Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes, Direz-vous : « C’est l’effet des éternelles lois Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix ? » Direz-vous, en voyant cet amas de victimes : « Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes ? » Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants Sur le sein maternel écrasés et sanglants ? (…) Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire. Quoi ! l’univers entier, sans ce gouffre infernal, Sans  engloutir Lisbonne, eût-il été plus mal ? Etes-vous assurés que la cause éternelle Qui fait tout, qui sait tout,  qui créa tout pour elle, Ne pouvait nous jeter dans ces tristes climats Sans former des volcans allumés sous nos pas ! Borneriez-vous ainsi la suprême puissance ? Lui défendriez–vous d’exercer sa clémence ? L’éternel artisan n’a-t-il pas dans ses mains Des moyens infinis tout prêts pour ses desseins ? (…) Mais comment concevoir un Dieu, la bonté même, Qui prodigua ses biens à ses enfants qu’il aime, Et qui versa sur eux les maux à pleines mains ? Quel œil peut pénétrer dans ses profonds desseins : De l’être tout parfait le mal ne pouvait naître ; Il ne vient  point d’autrui, puisque Dieu seul est maître : Il existe pourtant. O tristes vérités ! O mélange étonnant de contrariétés ! Quelque parti qu’on prenne, on doit frémir, sans doute. Il n’est rien qu’on connaisse, et rien qu’on ne redoute. La nature est muette, on l’interroge en vain ; On a besoin d’un Dieu qui parle au genre humain. Il n’appartient qu’à lui d’expliquer son ouvrage, De consoler le faible, et d’éclairer le sage. L’homme, au doute, à l’erreur, abandonné sans lui, Cherche en vain des roseaux qui lui servent d’appui. Leibniz ne m’apprend point par quels nœuds invisibles, Dans le mieux ordonné des univers possibles, Un désordre éternel, un chaos de malheurs, Mêle à nos vains plaisirs de réelles douleurs, Ni pourquoi l’innocent, ainsi que le coupable, Subit également ce mal inévitable.