Champagne et Parties Fines

Outre le fait que cela soit le titre du premier film de Gérard KiKoïne (qui réalise maintenant des infomerciales pour tf1…) et qui lança la carrière de Brigitte Lahaie, la partie fine est une activité sexuelle collective. L’amour à plusieurs permet de démultiplier les combinaisons possibles, et de jouer beaucoup plus intensément avec la simultanéité d’activités passives et actives. Pendant plusieurs siècles, les vases grecs (qui sont des récipients pour boire) vont jouer avec des représentations des différents cas de figure. Déjà un simple groupe de deux hommes et d’une seule femme offre un grand nombre de variantes. Par exemple, la femme est à quatre pattes ; un homme, derrière elle, appuyé sur ses reins, la pénètre ; elle a dans la bouche le sexe de l’autre homme, penché sur elle, lui caressant les épaules. Mais les trois peuvent être debout ; la femme, pliée en avant, est pénétrée par l’un tandis qu’elle se retient aux hanches de celui dont elle goûte le sexe. Ou encore : la femme est allongée à plat ventre sur une table qui met son vagin et sa bouche à la bonne hauteur pour les deux hommes qui la pénètrent de leur sexe. Quant au champagne, il rafraichit et érotise les sens…

Ouvre les yeux

Passionnant polar fantastique, Ouvre les yeux impose son metteur en scène Alejandro Amenabar comme l’un des grands espoirs du cinéma espagnol. Son premier film, Tesis, qui se déroulait dans le milieu des snuff-movies, avait déjà fortement impressionné. Sur un scénario diabolique, il prend un malin plaisir à détourner toutes les images : Qui est qui ? Où est le rêve ? Où la réalité ? Dans un univers paranoïaque, il déroule avec brio une intrigue labyrinthique à souhait. On a beau rester les yeux ouverts, force est de reconnaître qu’on prend une jubilation certaine à se laisser manipuler ! Désarçonné, stupéfait, on reste ébloui par la maîtrise dont témoigne son second film. Lorgnant du côté de David Lynch pour l’univers visuel de Matrix, et Dark City pour le scénario machiavélique, c’est in fine un autre grand film onirique sur la jalousie que rappelle ce fabuleux thriller : Eyes Wide Shut. Interprété remarquablement par la nouvelle génération de comédiens ibériques – Penelope Cruz, Eduardo Noriega, ainsi qu’une apparition inattendue mais cruciale de Gérard Barray –, ce film-puzzle ébouriffant mérite largement de figurer parmi l’un des sommets du cinéma fantastique de ces vingt dernières années. –Sylvain Lefort http://www.amazon.fr