La chronique du Samedi : Jet – Society #1 (29,01,2011)
Cette semaine, qu’ai-je l’impression d’avoir assimilé de suffisamment intéressant pour le partager avec vous chers lecteurs et chères lectrices ? Tout d’abord, j’ai expérimenté la temporalité. Mercredi 26 janvier 2011 j’ai eu 35 ans. Comme la plupart des individus bien-nés en occident, je considérai dans ma prime jeunesse que l’anniversaire était un moment clé de l’année. Ego surgonflé par sa position de centre des attentions. Satisfaction ou insatisfaction consumériste. Possibilité à certaines étapes (18 ans par exemple) d’accéder à certains droits sociétaux (films pornos, alcool). Le rapport à l’âge, pour moi, n’était finalement mentalement lié qu’à la futilité des accessoires. Aujourd’hui bien sur c’est complétement différent. Même si les réseaux sociaux et notamment Facebook permettent à une foultitude de personnes (au delà de mon imagination) d’exprimer leurs meilleurs sentiments et donc de flatter l’égo, mon rapport à l’âge n’est cependant plus le même. J’ai pris conscience que le processus de décrépitude était bien engagé. Est-ce ma faute ou celle de la société de brutalement réaliser cet état de fait ? Tout semble « goupillé » dans notre bonne nation française pour médiatiquement glorifier une certaine idée de la jeunesse. Une manière sans doute de compenser le mal qu’elle a de véritablement exister. Il n’y a qu’à entendre l’horreur exprimée par un commentateur sportif lorsqu’il parle d’un trentenaire, ou pire encore son apitoiement « incroyable pour un joueur de son âge de réussir à faire de telles performances ». Se resituer dans l’époque est un effort constant, il est aisé de glisser dans la nostalgie de moments jamais vécus et de rejeter l’instant présent, l’imagination agissant comme un facilitateur en cette circonstance. Mais prendre conscience que l’on se construit au quotidien. Que le temps n’est qu’un artifice de l’homme pour borner l’infini. Que la peur de la finitude ne modifiera pas le cours des choses et que tout ceci est bien naturel, voilà le défi à relever pour affronter les turpitudes de la Vie. Alors comme le disait Paul François Valery : « Aimons nous vivants !«

