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L’insoutenable lourdeur de l’avoir

Posted in FEATURED, MEDIAS | 1 comment

Selon un adage bien peu usité, faut-il s’en étonner d’ailleurs… « le vrai riche n’est pas celui qui a, mais celui qui n’a plus besoin d’avoir ». Quelle importance – d’accumuler des biens -pour l’esthète, qui s’accommodera de peu mais de beau. Le sage lui ne s’encombrera pas de matériaux superflus à sa construction intérieur. Nous aspirons tous idéalement à devenir de sages esthètes, alors pourquoi entretenons-nous cette absurde frustration qui annihile toute perspective de succès dans cette entreprise ? Par soucis d’avoir. Cette sensation désagréable nous rempli. Satisfait notre gourmandise. Et puis, ne nous enseigne-t-on pas dès l’enfance, qu’abondance de bien ne nuit pas ? Alors nous accumulons ou tentons de le faire, pour prouver aux autres et à nous mêmes que nous sommes enviables, que nous possédons, qu’ils n’auront jamais tout ce que nous sommes capables d’avoir. Pfff… Plaignons autant ceux qui n’ont rien, ceux qui ont un peu, ceux qui ont trop… Les uns & les autres sont au fond aussi malheureux.

1 Comment

  1. « Can not be and have been. » …

    Loin des vieux livres de grammaire,
    Écoutez comment un beau soir,
    Ma mère m’enseigna les mystères
    Du verbe être et du verbe avoir.

    Parmi mes meilleurs auxiliaires,
    Il est deux verbes originaux.
    Avoir et Être étaient deux frères
    Que j’ai connus dès le berceau.

    Bien qu’opposés de caractère,
    On pouvait les croire jumeaux,
    Tant leur histoire est singulière.
    Mais ces deux frères étaient rivaux.

    Ce qu’Avoir aurait voulu être
    Être voulait toujours l’avoir.
    À ne vouloir ni dieu ni maître,
    Le verbe Être s’est fait avoir.

    Son frère Avoir était en banque
    Et faisait un grand numéro,
    Alors qu’Être, toujours en manque.
    Souffrait beaucoup dans son ego.

    Pendant qu’Être apprenait à lire
    Et faisait ses humanités,
    De son côté sans rien lui dire
    Avoir apprenait à compter.

    Et il amassait des fortunes
    En avoirs, en liquidités,
    Pendant qu’Être, un peu dans la lune
    S’était laissé déposséder.

    Avoir était ostentatoire
    Lorsqu’il se montrait généreux,
    Être en revanche, et c’est notoire,
    Est bien souvent présomptueux.

    Avoir voyage en classe Affaires.
    Il met tous ses titres à l’abri.
    Alors qu’Être est plus débonnaire,
    Il ne gardera rien pour lui.

    Sa richesse est tout intérieure,
    Ce sont les choses de l’esprit.
    Le verbe Être est tout en pudeur,
    Et sa noblesse est à ce prix.

    Un jour à force de chimères
    Pour parvenir à un accord,
    Entre verbes ça peut se faire,
    Ils conjuguèrent leurs efforts.

    Et pour ne pas perdre la face
    Au milieu des mots rassemblés,
    Ils se sont répartis les tâches
    Pour enfin se réconcilier.

    Le verbe Avoir a besoin d’Être
    Parce qu’être, c’est exister.
    Le verbe Être a besoin d’avoirs
    Pour enrichir ses bons côtés.

    Et de palabres interminables
    En arguties alambiquées,
    Nos deux frères inséparables
    Ont pu être et avoir été.

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