La fin du monde n’a pas eu lieu, la société contemporaine est façonnée par Google, les drones, les téléphones portables, Tinder… Dans ce recueil d’essais et de nouvelles ironiques, Coupland, mélange les formes pour mieux dynamiter ce que le vingtième siècle pensait savoir du futur et examiner les façons dont l’humanité composent avec sa conscience.
Depuis trente ans, sa façon unique d’observer et comprendre les mécanismes du monde nourrit ses fictions et son écriture. Synthèse de ses observations sur tous les aspects de la vie moderne, chaque page d’Obsolescence des données, joyau de l’âge digital, est pleine d’esprit et de surprises.
CATÉGORIE : Littérature étrangère.
GENRE : Nouvelles,
FORMAT : 130 X 198,
DATE DE PARUTION : 2018-8-23,
NOMBRES DE PAGES : 592,
EAN-ISBN : 979-10-307-0211-8
Il a hacké les bases de données de Sciences po pour montrer à tous les failles de leurs systèmes. Il est devenu RABBIN DES BOIS, l’un des hackers les plus reconnus du public français.
Il se fait appeler « RABBIN DES BOIS » un peu par jeu. De confession juive, il hacke les puissants pour montrer à tous les failles des grands systèmes informatiques qui abritent nos données personnelles. Début 2017, il passe plusieurs heures en garde-à-vue pour avoir hacké les données de 4 000 étudiants de Sciences po. Il ne les a ni revendues ni diffusées. Son but, c’est d’être un lanceur d’alerte. Ce livre met en évidence le retard de notre pays sur la question de la protection des données. Il est aussi un témoignage littéraire ultra-contemporain, porté par une voix nouvelle et une personnalité hors du commun… editionsdelamartiniere.fr
J’aimerai avoir une pensée pour le mort de la première minute. Vous savez, lorsque le film commence et que « bam » le mec tombe. Tu ne sais pas qui c’est et tu ne le sauras jamais, ce qu’il fait là, pourquoi, ses aspirations, ses rêves, ses envies. Pour le spectateur, ça n’a pas d’importance, c’est juste une présence dans le décor, un élément superficiel. Un sacrifice narratif nécessaire. Vous me direz, quitte à s’intéresser à lui pourquoi ne pas étendre la réflexion à toutes celles et ceux, bons, mauvais, neutres, qui se font shooter dans tous les films depuis la nuit des temps et d’ailleurs pourquoi circonscrire cela au genre cinématographique et uniquement aux humains ? Pourquoi ne pas, l’espace d’un instant entre deux crises d’égo, fixer notre attention sur ce qui compte vraiment et accepter sans distinction l’altérité ? Et si la nature érigeait un monument à la « création », serait-on capable de le voir ou serions-nous limités à la simple esthétique de la scène ?
Voir cette publication sur Instagram
Eight hundred sakura trees live in Tokyo on the Meguro River. Takashi Komatsubara (@takashi_komatsubara) captured one in all its glory at night. 🌸 “The Japanese strongly feel the four seasons in their daily lives,” explains Takashi. “Many people love the cherry blossoms in spring.” #TheWeekOnInstagram Photo by @takashi_komatsubara
Une publication partagée par Instagram (@instagram) le
Tout d’abord, étions-nous sortis totalement indemnes de la première saison ? L’adaptation télévisée du roman eponyme de Jay Asher (un peu persona non grata et absent de la deuxième saison depuis une accusation de harcèlement sexuel qu’il réfute cependant), diffusée par Netflix et co produite par Selena Gomez ; dont certains épisodes, il faut le signaler, ont été réalisés par Gregg Araki (le cultissime the Doom Generation) et showrunnée par Brian Yorke pour faire court, avait réussi son pari : Faire bouger les consciences et alerter sur le pire des enfers, le suicide des ados. Tout en montrant, parfois sommairement ou très explicitement, le côté obscur d’une réalité le plus souvent occultée ou magnifiée sur la sexualité des jeunes, le harcèlement, les ténèbres de l’éco système « scolaire », les riches, les pauvres, les gays et les idoles sportives hétéros, testostéronées, glorifiées qui se permettent tout et même au delà. Un maelström d’emmerdements qui conduisirent Hannah Baker à faire des cassettes sur chacun de celles et ceux qui contribuèrent selon elle, à l’acculer vers son irréversible décision mortifère. De quoi hanter les nuits du père que je suis, de quoi s’interroger sur son propre comportement durant ses années lycée, de quoi ressentir, même par procuration, l’angoisse de la perte de cette jeune fille, de la douleur de Clay et des autres, de l’injustice etc. Des émotions vraies et intenses incarnées par une distribution quasi parfaite. La première saison était donc l’équivalent d’un uppercut en pleine tronche après une gueule de bois (je vous laisse imaginer l’effet). Et puis vinrent les rumeurs d’une deuxième saison et enfin une date de diffusion.
L’intrigue principale de cette deuxième saison est consacrée aux dommages collatéraux provoqués par le suicide d’Hannah : Le délitement de son foyer parental et le procès intenté par sa mère au lycée, le traumatisme de Clay, l’impunité de Bryce, le projet meurtrier de Tyler, le repentir de Sheri, la culpabilité de Tony etc. bref pas un personnage n’est épargné, c’est un grand pèle mêle des situations les plus inextricables possibles : suicide, drogue, viol, arme à feu, handicap, adultère, grossesse non désirée, bipolarité, homosexualité masculine et féminine, voyeurisme, alcoolisme, brutalité parentale, absentéisme, injustice procédurale, clivage sociaux … 13 épisodes sur le fil tendu du pire des mondes possibles assortis systématiquement d’une incitation à aller sur le site de 13reasonwhy, pour peu que l’on se sente concerné par un des cas de figure évoqué par le programme, sans oublier les avertissements réguliers avant chaque épisode pour nous prévenir qu’il sera question de drogues, de viol et d’armes à feu… En gros une version un tantinet plus hard de Hartley coeurs à vif mais à la sauce ricaine. À force de vouloir nous expliquer ce qu’on est en droit d’interpréter, on perd toute la substance dramatique de la 1ère saison et qui pouvait servir de support de discussion et de prévention. Là c’est malheureusement aussi caricatural que gênant. L’intrigue pseudo policière de la bande des méchants repentis contre le cynique capitaine de l’équipe de foot US et de baseball violeur en série et protégé par le prof de sport, tellement riche qu’il achète aussi la justice est assez mal ficelée et permet juste de penser … à quoi bon ? vu qu’il s’en sort finalement pas si mal… On sent que la série voulait partir dans la direction du tueur en milieu scolaire mais l’actualité étant trop bouillante sur le sujet, il semble que cette piste fut écartée ou quelque peu édulcorée. En revanche le casting reste 5 étoiles et les acteurs sont le plus souvent justes et crédibles. Que penser d’Hannah et de ses secrets ? La richesse de cette saison 2 réside dans cette évocation de la complexe psyché adolescente, dans ces grands écarts insaisissables par les « adultes » qui à force de chercher des coupables ou des explications négligent de se remettre en question… Quoi qu’il en soit 13 reasons why est une série utile, importante, mais faut-il le rappeler américaine avec ses problématiques particulières et un manichéisme exacerbé.
Les réseaux sociaux, en particulier professionnels regorgent d’adages, de citations, de vidéos, d’éloges pour des applications aussi palpitantes que Koober (« les meilleurs livres » résumés en moins de 20 minutes), de figures prophétiques comme Steve Jobs, Richard Branson ou Elon Musk… Le mot « inspirant » est par conséquent devenu une sorte de néo nécessité, à l’instar des poke balls et autres séances de Yoga, pour de nombreuses personnes, à commencer par les conformistes. Mais le conformisme par essence est hermétique à l’avant-gardisme… de fait ne s’agit-il pas en réalité d’une illusion d’inspiration, ne sommes-nous pas prisonniers d’une linéarité intergénérationelle des idées, de l’imagination, de la créativité ? Tout le monde croit aujourd’hui que les social médias sont des sources d’inspiration et que maitriser l’art de la publication fait de soi un Artiste. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Sans muses, sans contemplation, sans peur, sans âme, sans histoire, il ne reste qu’une enveloppe, des mots creux sans résonance, la satisfaction des idiocrates dans la plénitude de leur relation au monde où tout est accessible,
À première vue Jurassic World Alive est un succédané de Pokémon Go avec des dinos… Les points communs les plus flagrants entre les deux jeux sont : Le monde ouvert basé sur Google Maps, les points de ravitaillement et les créatures qui spawnent aléatoirement, à part ça JWA se distingue de son grand cousin nippon par son drone collecteur d’ADN à la portée limitée (améliorable moyennant finances bien entendu) en lieu et place des pokeballs de capture, très fun à utiliser, une progression lente liée à cette même collecte d’ADN, à la création et à l’évolution des créatures, un système de combat en 3 contre 3 plutôt astucieux et grisant. Pour ma part j’ai retrouvé le plaisir des premières parties de Pokémon Go. Un jeu hyper addictif vous l’aurez deviné, qui aura tout de même fort à faire face à deux sérieux concurrents de même nature dont les sorties sont imminentes, à savoir Harry Potter et Ghostbuster. Le bémol majeur concerne évidemment l’aspect pay to win, avec notamment un abonnement VIP à 10 euros par mois tout de même, la vente de pièces, de batteries pour le drone ou encore de fléchettes pour collecter l’ADN… pour autant le jeu propose une solution alternative « gratuite » pour gagner de l’argent… Installer et jouer à divers jeux, participer à des enquêtes etc. chacun fera selon son bon vouloir et en pleine connaissance de cause !
Quoi qu’il en soit, on a pas fini d’arpenter les rues téléphone en main… soyez prudents ! Dernier point le jeu est potentiellement en réalité augmentée, je précise potentiellement parce que pour ma part je n’ai pas réussi à accéder à cette fonction (j’ai un Huawei p10, les appareils compatibles sont listés ici : https://developers.google.com/ar/discover/supported-devices … Pour celles et ceux qui se laisseront tenter par l’expérience Jurassic World Alive, bon courage et surtout, bouffez-les tous ! https://play.google.com/store/apps/details?id=com.ludia.jw2&hl=fr
Ils ont envahi les réseaux dits sociaux et les magazines Lifestyle (H/F) avec leur mode de vie identitaire et uniformisé, basé sur l’entrainement à la salle de sport, les parcours kilométrés en semaine, les compétitions de running du week-end, les repas vitaminés à base de graines, bowls vegan, plats à moins de 30 calories, régimes… Ils ne parlent que de ça, font la roue dès qu’on salue leur silhouette toujours plus filiforme, trichent tout de même sur instagram, mais c’est de bonne guerre parce que tout le monde le fait, assènent sans cesse leur vérité sur le corps, il n’y a pas mieux, ni plus sain, ni plus appréciable, ils vivront très vieux et en très bonne santé, ils seront très beaux, mais seront-ils heureux ? Connaîtront-ils le goût du sel de l’existence ? Les quelques bons vivants encore en activité sont acculés, arc-boutés et de moins en moins enclins à la ripaille et à la gaudriole. Alors les zombies healthy sont certes proches de la perfection en extérieur, mais que serait la littérature par exemple, sans les esthètes de la fourchette et de la dive bouteille que furent notamment et parmi d’aussi illustres, Rabelais ou Alexandre Dumas ? Et l’humour dans tout ça ? Non pas pour rire de mais avec, avec celles et ceux qui tournent les phrases et les mots comme des grands crus et qui transforment les repas en véritables jubilations ? Serait-il possible dans un absolu idéal, de concilier les deux ? dépasser le culte du corps pour faire saillir les lumières de l’esprit ? François Rabelais a dit : “Par le monde, il y a beaucoup plus de couillons que d’hommes.”, c’est un fait malheureusement établi…
Dans l’ancien temps du Net, nous ouvrions ce qui s’appelait alors un « navigateur » et tels des marins d’eau douce, flibustiers, corsaires, conquistadors, passagers, commerçants, réfugiés, nous voguions sans repaires et sans limites, en quête de nouveauté, d’idéal, d’informations, d’opportunités, de nous-mêmes, des autres, de possibles réels ou imaginaires, affranchis des règles figées par le monde et prêts à accoster sur les rives de l’inconnu, à nous abimer au milieu d’un océan de codes et des fractales pour le plaisir de se sentir exister même virtuellement, ne serait-ce qu’un instant, frêles esquifs ou Yachts démesurés chacun trouvait sa place et allait à son allure.
Depuis cette époque, qui n’est pas si éloignée, les fabricants de contenants ont fermé toutes les frontières, laissant à peine la surface du lac Léman aux internautes du monde entier, qui de fait osent de moins en moins sortir leurs chères embarcations, de peur de les casser, de se les faire voler, ou de ne pas pouvoir se mouvoir à leur guise, de couler, de se heurter à un iceberg et pourtant la sécurité n’a jamais été aussi importante, renforcée…
Le marin échaudé préfère désormais rester à quai, contempler sur le ponton le même ciel que ses coreligionnaires ou son reflet narcissique, attendre bien sagement que le chemin soit balisé, comme on lui a promis un jour. Il a refoulé en lui cette soif de découverte. Il s’en remet à ceux qui savent et qui disent. Il n’ira plus jamais prendre le risque d’aller dans une direction inconnue par crainte de tout ce qui pourrait se produire, et pourtant il s’est mué en nageur, ne ménageant jamais ses efforts pour suivre les bateaux autorisés qui ont totalement annexé cet espace. C’est inconfortable, dangereux, absurde, irraisonné, mais que ne ferait-il pas pour apporter ses quelques poissons glanés sur le chemin aux très respectables seigneurs des mers …
Nous vivons l’époque des syllogismes d’ensemble absurdes, des clivages impossibles, du raisonnement figé sans remise en question. La faute à qui ? Le dire m’exposerait à la réfutation totale et immédiate de cette proposition de réflexion. Prenons un exemple concret : Donald Trump critique une partie de la presse, une partie du peuple critique Trump donc la presse dans son ensemble et le peuple dans son ensemble sont victimes de Trump… si je souhaite revenir sur ce que j’ai écrit, parce que je considère que c’est exagéré ou médiocre, ce sera trop tard, mon éventuel contradicteur se sera emparé de cette première information et ne me laissera aucune possibilité de modérer, d’atténuer ou même de changer mon propos. C’est possiblement le crépuscule de la spontanéité et de l’esprit critique. J’en veux pour preuve celui qui, sous le coup d’une impulsion, écrit un tweet, se rend compte qu’il n’est pas approprié et le retire, le commentaire consécutif ne tiendra compte que du fait que le message a été écrit, donc réfléchi et assumé en pleine conscience, par conséquent cet acte doit être condamné avec la plus grande fermeté, c’est d’autant plus vrai si c’est un trait d’humour… qui ose faire de l’humour en 2017 ? … Critiquer un élément revient à critiquer sa totalité. Si lors du journal télévisé j’ai l’impression qu’on sert la soupe à un parti politique populiste et que je l’exprime, ou si je conteste la fiabilité de certains sondages qui sont, selon moi, des pièges à clics tout aussi populistes et racoleurs, alors j’aurai commis le crime d’avoir critiqué l’ensemble du corps professionnel journalistique qui s’emploierait (si je représentais quelque chose) à me discréditer par tous moyens. De fait, j’ai de plus en plus l’impression que l’objectif n’est plus d’informer, d’éduquer mais de censurer et de condamner, de générer la petite phrase qui précipitera l’auteur au bûcher des vanités… Le risque étant par conséquent que, effrayés par ce traitement totalitaire de la pensée, nos concitoyens se résignent au pire en réaction à ce jusqu’au boutisme fanatique digne de l’inquisition, motivé notamment par la course aux espaces publicitaires.
Que penser par exemple de ces titres glanés au fil d’une recherche de 30 secondes :
Cyrille Eldin essaie de déstabiliser Laurence Haïm
« Monsieur pipi », « Mister Nobody », « Loser »: les surnoms de François Fillon peuvent-ils lui nuire ?
La blague de Vladimir Poutine sur Donald Trump et les « meilleures prostituées du monde »
« C à vous » : Yann Moix dézingue à nouveau l’émission d’Anne-Sophie Lapix
Dopage : Fourcade quitte prématurément la réunion avec la Fédération internationale…
François Hollande « sidéré par la bêtise » d’Anne Hidalgo
Ce sondage a de quoi inquiéter le PS… et un peu François Fillon
L’attitude de Barron Trump à l’investiture de son père fait marrer les internautes
Revenu universel. Benoît Hamon a-t-il rétropédalé ?
Suis-je le seul à ressentir la violence de ces mots ? A lire ces conditionnels qui ne traitent pas de faits mais sont le fruit de simples spéculations, quelle vérité peut sortir de cette information-spectacle ? Toute la journée la pression s’exerce sur les smartphones, tablettes, ordinateurs, boites mails, radios, télévisions, journaux papier, l’homme de la rue peut-il échapper à cette façon de raisonner ? Un autre point de rupture est la légitimité par le chiffre. Qu’importe la nullité si les chiffres sont importants, si ce billet est partagé des milliers de fois alors il deviendra référence, sinon il n’aura aucune valeur… Pour conclure, je ne parle qu’en mon nom, je ne représente personne, je suis ma propre voix et mes interrogations me sont personnelles. Je ne donne pas de leçons ni ne cherche à en recevoir, en revanche mon souhait serait qu’il y ait plus de recul, plus de vérité et moins d’interprétation, moins d’huile sur le feu et plus de compréhension. Est-ce déjà trop tard ?
Un saisissant voyage dans l’oeuvre de William Klein commentée par lui-même. Les histoires racontées ici sont un régal. Le « pape » de la street photography se révèle aussi génial et provocateur qu’à ses débuts. Son premier Rolleiflex ? Il l’a gagné lors d’une partie de poker pendant son service militaire en Allemagne. À en croire William Klein, les coups de poker rythment sa vie qu’il raconte ici, à coup d’anecdotes tranchantes, souvent drôles et irrévérencieuses.
Dans ce livre atypique construit comme un journal de bord, la « voix off » de Klein ponctue une centaine d’oeuvres : ses débuts de peintre, ses recherches graphiques, les photographies de mode, le cinéma et bien sûr la photographie de rue, de New York à Paris en passant par Rome, Tokyo, Moscou. Alors qu’il fête ses 90 ans en avril 2018, Klein s’exprime avec la verve du jeune artiste américain qui a choisi Paris à 20 ans et pour toujours. Zéro nostalgie, zéro regrets : 100% cash et libertaire.
William Klein, né en 1928 à Manhattan, est un artiste total (peintre, graphiste, réalisateur, photographe). Révolutionnant la photographie de mode et de rue. Son travail sur les grandes villes du monde, ainsi que les livres qu’il leur a consacré (New York, Rome, Moscou, Tokyo, Paris) ont concouru à faire de William Klein l’un des photographes les plus influents du XXème siècle. Citoyen américain, il vit et travaille à Paris. Le Centre Pompidou lui a consacré une rétrospective en 2005.
Amber Rose revisite un vieux classique en y apposant sa touche pleine de modernité… pour la marque de sextoys de luxe LELO.
LELO x Amber Rose / « Shower » from Think/Feel on Vimeo.
Amber Rose a repensé la fameuse scène de la douche du film Psychose (1960) et même si cela a été déjà fait plusieurs fois, c’est bien la première fois que c’est pour une marque de sextoys de luxe! La diva est vue prendre une douche cachée par son rideau de douche quand quelqu’un arrive avec un sextoy rose qui n’est autre que l’Ina Wave, de la marque Lelo. Contrairement à Leigh, Rose été très heureuse de recevoir l’objet. « Ah, merci, je le cherchais »…
Bien raisonner serait (prétendument) l’apanage d’êtres austères, hautains voire exécrables, hors du temps, détachés des basses contingences matérielles, qui ne consacreraient leur intellect qu’aux Idées les plus élevées sans autres loisirs… Je n’aurai pas l’audace de prétendre que Socrate et Kierkegaard étaient les rois du dancefloor, ou que nos compères Hobbes et Pascal s’adonnaient à l’art de la vanne, mais il est possible d’échapper à cette image d’Épinal et d’associer pour le meilleur, réflexion et Entertainment. En ce sens, Karl Lagerfeld, invité de l’émission Quotidien laissait échapper ce fin constat, alors que Yann Barthes se désolait du manque d’attention des spectateurs des défilés qui brandissent tous à l’unisson leur portable et ne regardent finalement rien, le Kaiser de la mode prenait le contre-pied du « c’était mieux avant » et de la condamnation stérile et bien pensante, en arguant qu’il s’agit pour lui d’un applaudissement silencieux, d’une coutume de l’époque, que rien ne s’oppose à l’accepter, puisqu’il en est désormais ainsi… Il y a là semble-t-il matière à une belle réflexion ! A quoi bon s’évertuer à soliloquer sur des vétilles, quand nous n’avons aucune volonté individuelle ou collective de transformer nos mots en actes, ne faudrait-il pas plutôt privilégier la pensée constructive ? On peut toujours s’appuyer sur les trois tamis de Socrate plus que jamais d’actualité pour justifier cette pensée : Un jour, un homme vint trouver le philosophe Socrate et lui dit :
– Ecoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.
– Je t’arrête tout de suite, répondit Socrate. As-tu songé à passer ce que tu as à me dire au travers des trois tamis ?
Et comme l’homme le regardait rempli d’étonnement, l’homme sage ajouta :
– Oui, avant de parler, il faut toujours passer ce qu’on a à dire au travers des trois tamis.
Voyons un peu ! Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?
– Non, je l’ai entendu raconter et…
– Bien, bien. Mais je suppose que tu l’as au moins fait passer au travers du deuxième tamis, qui est celui de la bonté. Ce que tu désires me raconter, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?
L’homme hésita puis répondit :
– Non, ce n’est malheureusement pas quelque chose de bon, au contraire…
– Hum ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire…
– Utile ? Pas précisément…
– Alors, n’en parlons plus ! dit Socrate en souriant. Si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier…
N’est-ce pas le principe qui devrait être érigé en règle par nos médias ?
Un geste peut changer une vie collective, en particulier lorsqu’il est profondément humain, courageux, héroïque, encore faut-il que notre monde étriqué du tout pour moi et de l’image daigne s’en saisir, l’honorer et le porter comme un symbole de fraternité et non comme un vecteur de haine et d’opposition stérile. D’autant plus lorsque nos médias entachent le plus souvent l’acte d’éléments parasites sensationnels ou polémiques, accordant plus de valeur aux commentaires négatifs, cyniques, stupides émanant parfois et c’est plus grave, de journalistes ambitieux prêt.e.s aux tweets les plus racoleurs ou sulfureux pour leur quart d’heure de gloire, de politiques fanatiques qui se repaissent de la mort et de récupération, d’individus le plus souvent masqués sous pseudos, ignorants et intolérants qui stigmatisent jusqu’à la haine.
Beaucoup de nos maux sociétaux sont malheureusement parfois liés à ce quotidien profondément injuste qui accable les populations: Ambition des barons qui se gavent sur le dos des autres et asservissent leurs prétendus subalternes. Fanatisme des prédicateurs, bonimenteurs de tous horizons qui au fond méprisent leurs ouailles. Ignorance crasse et pleine de certitude de la meute… Comment ne pas en avoir marre ? Marre de cette information d’après coup qui laisse toujours entendre qu’on aurait dû éviter l’imprévisible, qui glorifie ceux qui ne méritent rien d’autre que le mépris. Marre de ces usurpateurs qui nous traitent comme des objets et jugent sur des critères décorrelés du réel qu’ils ne s’appliquent pas à eux mêmes. Marre des incivilités qui fragilisent toujours plus les rapports élémentaires. Marre des œillères de ceux qui se considèrent avec trop d’importance. Fatigué des extrémistes qui s’imaginent au paradis en nous faisant vivre l’enfer. D’avoir à compter tout le temps et de vivre dans la retenue et la crainte d’un lendemain prométhéen. Triste, pour tous ceux qui souffrent sans aucune exception. Las des amalgames et des raccourcis. Mais ragaillardi et plein d’espoir grâce à ces justes qui font jaillir la lumière des ténèbres, qui malgré la peine nous permettent d’entrevoir ce que serait un monde dans lequel régnerait la paix, la concorde et l’harmonie. Un idéal vers lequel tendre grâce à l’exemplarité, le sens du devoir et le perfectionnement, tout en restant vigilant, condamnant sans réserve l’ostracisme, la xénophobie et toutes les formes de rejets des autres. Vaste programme mais en définitive, avons-nous quelque chose de plus important à faire ?
“Chacun parle de l’opinion publique, entendant par là l’opinion publique, moins la sienne.” Chesterton
Aujourd’hui les médias parlent aux médias, des médias qui pour eux ne sont pas eux mais une tierce partie, sans jamais reconnaitre ou assumer leur responsabilité dans l’appauvrissement de l’information dont nous sommes victimes …
Pour rappel, chaque fait extra ordinaire, hypothétiquement marquant, ou réputé comme tel (c’est à dire en fait insignifiant, sans aucune portée, incidence, contemporaine ou historique) qui se déroule IRL (In Real Life) ou créé ex nihilo depuis les réseaux est systématiquement commenté, détourné, raillé, expliqué, décortiqué, analysé, mis en exergue, conspué, valorisé, démoli, ringardisé, dépouillé, jugé, par des individus théoriquement représentatifs d’eux mêmes, agissants en leur nom propre ou sous pseudo, au nom d’une institution, ou en qualité de gestionnaires de comptes. Il suffit d’un hashtag # pour créer un sujet qui rassemblera ensuite toutes les mentions. De fait, les journalistes, polémistes, commentateurs, chroniqueurs, font leurs moissons de bons mots, critiques acerbes, réflexions, pseudo tendances, au sein de cette manne 2.0.
En guise d’information nous avons donc le plus souvent droit à des effets soufflés, extractions de tweets, commentaires de photos d’instagram, youtube, copie de publications de facebook, des titres toujours plus racoleurs et de moins en moins de capacité à démêler le vrai du faux, ce qui ajoute toujours plus de crainte et d’amertume, de défiance chez la plupart de nos concitoyens. Ce qui pourrait réconcilier l’opinion et les médias ? Que les médias se jugent honnêtement et chassent les marchands du temple, ne poussent pas des cris d’orfraie à chaque fois qu’on remet en cause leur intégrité mais plutôt qu’ils condamnent les faux médias, artisans de propagande pour des intérêts privés et défendent bec et ongles ceux qui oeuvrent pour la vérité et le bien commun.
Ainsi Swâmi Râmdâs nous offre une magnifique citation d’adhésion. Qui, hors du provocateur ou de l’ignorant, serait assez fou pour contester ces mots. Qui voudrait opposer à cette réflexion un avis contraire ? Et pourtant chaque jour qui passe, nous nous évertuons à exalter cet Ego. Courir après des chimères éphémères. Désirer l’image. Sacrifier notre temps à vivre. Alors que faire ? Une seule réponse : Le libre arbitre.
Extrait de la Lettre à Ménécée : Prends l’habitude de penser que la mort n’est rien pour nous. Car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité. Par conséquent, la connaissance de cette vérité que la mort n’est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d’une durée infinie, mais en nous enlevant le désir de l’immortalité. Car il ne reste plus rien à redouter dans la vie, pour qui a vraiment compris que hors de la vie il n’y a rien de redoutable. On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est à craindre non pas parce qu’elle sera douloureuse étant réalisée, mais parce qu’il est douloureux de l’attendre. Ce serait en effet une crainte vaine et sans objet que celle qui serait produite par l’attente d’une chose qui ne cause aucun trouble par sa présence. Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d’horreur, la mort, n’est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n’existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. Mais la multitude tantôt fuit la mort comme le pire des maux, tantôt l’appelle comme le terme des maux de la vie. Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n’a pas peur non plus de ne plus vivre : car la vie ne lui est pas à charge, et il n’estime pas non plus qu’il y ait le moindre mal à ne plus vivre. Epicure
La fortune ne devrait être possédée que par les gens d’esprit : autrement, elle représente un danger public. Nietzche La vanité d’autrui n’offense notre goût que lorsqu’elle choque notre propre vanité Nietzche Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie. Sénèque Fais chacun de tes actes comme si c’était le dernier de ta vie. Marc Aurèle Il n’y a rien à redouter dans le fait de vivre, pour qui a authentiquement compris qu’il n’y a rien à redouter dans le fait de ne pas vivre. Epicure “Personne, voyant le mal, ne le choisit, mais attiré par l’appât d’un bien par un mal plus grand que celui-ci, l’on est pris au piège.” Epicure
Des nombreuses personnes que j’ai rencontré jusqu’à présent et qui m’ont raconté leur parcours, il me semble n’avoir jamais entendu autre chose que des récits de résistants et de victimes. Jamais lâches, jamais oppresseurs. N’ayant pas l’intention d’accabler l’autre et de m’accorder le beau rôle, je suis de ceux qui se prévalent le plus souvent d’être une victime et lorsque je bombe un peu le torse, je suis le premier des résistants. Pour Philip K. Dick, La réalité n’est qu’un point de vue et Obi-Wan enseignait à Luke que beaucoup de vérités auxquelles nous tenons dépendent avant tout de notre propre point de vue… De la Lettre à Ménécée en préambule, à chacune des citations, tout n’est question que de point de vue et de perception. De réalité et d’illusion. Et puis il y a des mots qui raisonnent, qui accompagnent, des musiques qui véhiculent, des émotions qui guident, l’intuition, le discernement, le devoir, le travail, l’abandon dans l’idéal pour se rapprocher de sa destination, accepter cette idée tirée d’Into the wild de Jon Krakauer : Il y a tant de gens qui ne sont pas heureux et qui, pourtant, ne prendront pas l’initiative de changer leur situation parce qu’ils sont conditionnés à vivre dans la sécurité, le conformisme, toutes choses qui semblent apporter la paix de l’esprit, mais rien n’est plus nuisible à l’esprit aventureux d’un homme qu’un avenir assuré. Le noyau central de l’esprit vivant d’un homme, c’est sa passion pour l’aventure. La joie de vivre vient de nos expériences nouvelles et donc il n’y a pas de plus grande joie qu’un soleil chaque jour, nouveau et différent. Si tu veux obtenir plus de la vie, il faut perdre ton inclinaison à la sécurité monotone et adopter un mode de vie qui te paraitra dans un premier temps insensé. Mais une fois que tu seras habitué à une telle vie, tu verras sa véritable signification et son incroyable beauté.
Faire de chaque jour, le premier du reste de ta vie ? Un matin comme tous les autres Un nouveau Paris Rechercher un peu de magie Dans cette inertie morose Clopin clopan sous la pluie Jouer le rôle de sa vie Puis un soir le rideau tombe C´est pareil pour tout l´monde Rester debout mais à quel prix Sacrifier son instinct et ses envies Les plus essentielles Mais tout peut changer aujourd’hui Et le premier jour du reste de ta vie Plus confidentiel Pourquoi vouloir toujours plus beau Plus loin plus haut Et vouloir décrocher la lune Quand on a les étoiles Quand les certitudes s´effondrent En quelques secondes Sache que du berceau à la tombe C´est dur pour tout l´monde Rester debout mais à quel prix Sacrifier son instinct et ses envies Les plus confidentielles
‘Cause yesterday’s got nothin’ for me
Old pictures that I’ll always see
Some things could be better
If we’d all just let them be … Guns n’ Roses
Un pedigree de Patrick Modiano est sorti en 2005, un sacré bon livre d’après la critique de l’époque. Édouard Baer l’a adapté au théâtre, j’en suis ravi parce que j’adore Édouard Baer. En ce qui concerne Modiano c’est différent. Il a eu le prix Nobel de littérature, une incontestable preuve de qualité pour ceux qui considèrent que la récompense fait l’oeuvre, mais pour ma part c’est juste le mec qui, en se cherchant, a trouvé mon grand-père, Henri Lagroua. Une identité jetée dans ces quelques lignes et désormais figée dans une histoire que je ne peux ni confirmer, ni démentir : (..) Mon père utilise une carte d’identité au nom de son ami Henri Lagroua. Dans mon enfance, à la porte vitrée du concierge, le nom «Henri Lagroua» était resté depuis l’Occupation sur la liste des locataires du 15 quai de Conti, en face de «quatrième étage». J’avais demandé au concierge qui était cet «Henri Lagroua». Il m’avait répondu: ton père. Cette double identité m’avait frappé. (…) Bien plus tard j’ai su qu’il avait utilisé pendant cette période d’autres noms qui évoquaient son visage dans le souvenir de certaines personnes quelque temps encore après la guerre. Mais les noms finissent par se détacher des pauvres mortels qui les portaient et ils scintillent dans notre imagination comme des étoiles lointaines. (..).
Malheureusement mon grand-père est parti trop tôt, emportant avec lui ses souvenirs et sa vérité. Aujourd’hui quand je tape son nom sur internet, en quête d’éventuelles nouvelles informations à son sujet, c’est la seule occurence que je trouve. Il n’y a même pas de liens avec sa cousine Marie Andrée Lagroua Weill Hallé, fondatrice du Mouvement français pour le planning familial, ou avec son père, Henri Lagroua, Gouverneurs des Etablissements de l’Inde en 1926, sa belle soeur Bella Darvi, actrice ou Denise Wegier qui fut sa femme et ma grand-mère. Il n’est que le prête nom de Modiano. Vous me direz dans ce monde qui considère l’anonymat comme un échec fondamental, c’est déjà quelque chose. Alors que faire ? Forger une nouvelle histoire ? Rebattre les cartes du temps ? lui donner le premier rôle ? Ecrire ce livre dont il sera le héros ?
Tout pourrait commencer à Pondichéry en Inde Française, à l’époque où son père était gouverneur et lui un jeune enfant. A cette époque, Henri ne rêve pas. Il vit dans un rêve. Le noir et blanc que l’on associe au début du XX° siècle devient couleurs brulantes, couleurs de pierres précieuses, parfums d’épices et faste d’autrefois. Henri pose solennellement pour une photo qu’il gardera toujours dans son portefeuille, devant la Rolls-Royce qui l’emmène de réceptions en ambassades, lorsque le protocole exige sa présence. Le reste du temps, du haut de ses 8 ans, le teint halé par le soleil, habillé d’un pantalon en lin blanc, le plus souvent torse nu, il arpente les jardins, couloirs, cuisines et autres pièces mystérieuses du palais, en quête d’aventures…
Les yeux rivés sur le smartphone, dealer institutionnalisé d’informations conditionnelles, de clichés déshumanisés, de jeux addictifs, d’amitiés sans affect et d’égos sans limites, je finalise mes réflexions d’adhésion. Celles-ci sont désormais dénuées d’esprit critique, de doute philosophique, spirituel ou même rationnel, limitativement façonnées par les notifications – dépêches assenées en temps continu – petites phrases citées toujours hors contexte, gros titres sensationnalistes et paroxystiques, relayés pour acceptation définitive, aussi promptement par la radio et la télévision, solides soutiens de la propagande anti mixité culturelle, drivés par des êtres aux sourires, à la plastique et à la bonne humeur quasi éternelle (a-t-on déjà vu ou entendu un présentateur, animateur s’appesantir sur ses problèmes et faire la gueule ?)
L’algorithme qui me connait désormais mieux que moi même, décide en temps réel de ce que je dois aimer et de ce que je dois croire, consommer, approuver ou contester. Docile victime consentante, je me laisse bercer par les mélopées de ces sirènes aux chants alarmistes, infantilisants ou manichéens et je me targue de mes glorieuses certitudes et de ma vanité exaltée, persuadé d’être en accord avec mon moi profond, dans la « vérité » de l’existence, dans la transcendance et l’immanent, dans l’absolu et la déité. Mon pseudo avis est sans cesse conforté par les commentaires et autres tweets qui n’ont en définitive pour fonction que de m’éloigner un peu plus de ma propre opinion forgée par un substrat d’esprit critique. Alors comment échapper à cette spirale infernale, comment (re)devenir un être doué de raison et d’amour agapé, comment ne pas sombrer dans le désespoir ?
Il est toujours possible d’être cynique, de s’accommoder de cette situation et plutôt que de subir, d’en devenir un acteur majeur. Ce serait probablement terrible sur le plan moral, mais qui pourrait le reprocher dans un monde dans lequel plus personne n’accorde d’importance ni de valeur à ces cas de conscience ? Souffrir et continuer le combat ? Chaque échange avec un autre humain potentiellement réceptif qui s’interrogerait sur ces états de fait devenant une victoire qui permettrait de se sentir moins seul et de (re)prendre foi en l’Humanité ? Se laisser bercer par le système et en devenir un simple soldat ni heureux, ni malheureux, juste vivant au sens utilitaire du terme ? Ou alors attendre passivement que cela change, misant tout sur ce fameux jour, si cher aux rêveurs, qui espèrent l’amélioration de leur condition, la réalisation de leurs prières, que le ON qu’ils estiment le plus daigne enfin ouvrir enfin les yeux et réalise qu’ils sont les véritables artisans de la VIE et qu’ils en soient généreusement récompensés tel que cela se doit dans un monde juste et parfait …
Pour information ou par soucis de rappel aux érudits, Peter Ferdinand Drucker est né le 19 novembre 1909 à Vienne en Autriche, mort le 11 novembre 2005 à Claremont en Californie aux États-Unis, est un professeur, consultant américain en management d’entreprise, auteur et théoricien.
Les mots de l’auteur m’apparaissent pertinents et servent mon propos. Mais je ne connaissais ni son oeuvre, ni sa vie, encore moins son existence, jusqu’à la découverte de sa citation. Je l’ai piochée et utilisée parmi un panel de phrases prêtes à l’emploi. Pour être franc et transparent, je m’en fous complètement. Cela ne me pose aucun cas de conscience. Était-ce d’ailleurs, précisément, un acte volontaire ? Ma pensée la plus fidèle ? N’ai-je pas, tout simplement, eu le réflexe de me l’approprier, par peur de la portée de mes propres mots, phrases, idées écrites, qui risque d’être figées dans la silice du cloud et par conséquent à tout jamais opposable ? Dans notre société globalisée, ce qui a été dit est dit et il n’est pas possible d’y revenir. Nous avons réinventé la régression. La privation pure et simple de progression. Tout ce que nous devons savoir est à notre portée. Calculé par un prétendu algorithme. A quoi bon prendre des chemins de traverse ? A quoi bon risquer sa réputation en émettant une idée qui ne sera pas retenue, exprimer un point de vue différent ? La différence s’exprime dans le choix des 5 couleurs primaires des coques du smartphone ou des sneakers. La différence s’exprime par la capacité financière à consommer du premium, du standard ou du premier prix. N’en déplaise aux émancipateurs, à celles et ceux qui oeuvrent pour un autre monde, qui se retrouvent bien malgré eux pris au piège dans le même labyrinthe… Les plus conscients ont encore quelques sursauts intellectuels, de simples velléités, mais ils sont systématiquement (ré)intégrés dans le système. L’auto censure devient la règle. La pensée s’exprime grâce aux mots les plus utilisés sur le clavier du téléphone. Pourquoi irai-je en chercher d’autres. Pourquoi chercher à compliquer les choses, alors que notre principal souci est la vitesse, l’efficacité, la capacité à faire du multitasking. Etre toujours plus pertinents et simples… Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. Saurez-vous entendre ce qui n’est pas dit ?
MOI, JE, MON, MA, MES, J’ ME : Miroir mon beau miroir, pourquoi serais-je assez fou pour te poser la question ?alors que moi je suis seul dans l’univers, magistère auto proclamé, référence absolue, perfection, étant omniscient – omnipotent – omniprésent, sans égal ni rival, roi, empereur, démiurge. Apollon jalouse ma beauté, Hercule envie ma force, Narcisse s’est noyé à nouveau en voyant mon reflet, mes milliards de suiveurs, brebis attestent de cet état de fait. Vaniteux ? Qui ose remettre en question mon avis ? J’ai raison, toujours, tout le temps, peu importe le sujet, je suis l’autorité. Dans tous les médias je fais la loi, d’ailleurs les médias c’est Moi. L’admiration sans borne de ma notoriété prouve que je suis humble comparé à ces âmes prêtes à tout pour un simple regard de ma part. J’ai tout, je suis tout, reposez-vous simples mortels, le soleil tente de briller pour capter mon regard mais je ne lui offre qu’un air dédaigneux. Je suis la quintessence, l’oeuvre passée au rouge, au noir, l’or vit en moi. Qui suis-je ? Ego, Egoïsme, Egotisme, Egocentrisme, Ignorance. Intolérance. Cupidité. Ambition. Fanatisme … Je suis tout ce qui t’éloigne de ton humanité. Je suis l’image et non point la réalité … Je suis l’envie. Je suis le superficiel. Je suis l’indifférence. L’esclavagiste. Le railleur. Je suis obnubilé par ma personne qui est le centre et le tout … Le Je du XXI° S est la pire engeance et le pire prédateur que le monde ait connu…
[Injonction] : Ordre, commandement ; le verbe correspondant est enjoindre.
J’apprécie lorsque les médias, qui ont la capacité à le faire, et qui le font vertueusement par soucis de sensibiliser le plus grand nombre à l’excellence et en toute indépendance, conseillent ce qu’ils estiment être les meilleures oeuvres culturelles du moment. C’est même, si j’ose dire, une vraie prérogative inhérente à leur existence, sinon quelle serait leur raison d’être ? La publicité ? Cependant, sur la forme, nul besoin de m’intimer d’ordre, de me mettre la pression avec un impératif, de m’obliger… sinon, quid de la prochaine étape : menace, répression ? J’entends qu’il faut rivaliser d’ingéniosité pour inciter le chaland à cliquer, il en va de même des vidéos de Brut, Konbini etc. qui outre l’uniformisation (format, durée, typo, rythme, anecdotiques, sans soucis de fond) usent en définitive de la même violence pour racketer le clic ou la vue. Est-il possible de lutter ? Probablement ! En reportant son clic ou sa vue sur un autre support plus qualitatif par exemple, mais loin de moi l’idée de vous intimer l’ordre de le faire …
Cette citation de Eric Miles Williamson tirée de son ouvrage Welcome to Oakland symbolise bien notre époque, où ceux qui font sont systématiquement jugés sur le fallacieux argument ontologique de la perfection. Car qu’est-ce qui est parfait, si ce n’est la perfection elle même, ou pour les spiritualistes l’être suprême ? Aujourd’hui, faire, c’est prendre le risque de s’exposer à plusieurs difficultés, la première étant bien entendu liée à l’acte de création, quelque soit le talent, la production entreprise et l’expérience, il y a toujours un risque d’échec, de ne pas arriver au bout, d’entreprendre un travail au dessus de ses forces et par conséquent de renoncer, d’abandonner, ou pire de se persuader qu’on ne peut pas réussir, alors qu’il suffit parfois de se faire violence. La deuxième difficulté est l’avis des autres, usuellement l’autre n’aime pas la prise de risque, ce qui est différent, ce qui sort des sillons tracés par les aspérités de l’éducation, de la morale, des certitudes, des préjugés. A l’inverse il y a le surconfiant qui n’arrange rien, qui fait des plans sur la comète, s’enflamme, n’a aucune mesure ou objectivité. Sartre dirait que le choix a déjà été fait, celui qui entreprend s’attache à l’avis extérieur par pur formalisme sociétal mais qu’il ne renoncera pas à une décision entérinée en son for intérieur. Il existe une troisième difficulté qui échappe à ce raisonnement assez conformiste, résultante de notre appétence pour les réseaux, la critique anonyme, masquée, sans mobile, sans motivation, qui peut s’abattre telle la foudre sur l’insensé qui diffuserait sur Internet. Celle-là peut faire voler en éclat les résolutions des plus motivés, des plus courageux. Le rire sardonique qui s’entend dans un commentaire méprisant, le pouce baissé sans justification. La trappe de la télé réalité où le candidat n’est là que pour alimenter en chair humaine la grande machine du spectacle. Faut-il tourner le dos à ses rêves et ne plus avancer ? Non pas, il faut être cependant capable, à l’instar de Eric Miles Williamson de se forger une posture, une attitude, s’engager dans son Art sans équivoque, ni regret, ni remord, ni rancoeur. « Fais ce que tu dois, advienne que pourra. »
Il ne s’agit pas du titre d’un album de Kraftwerk, encore moins d’une référence à un obscure groupe de proto-electro-punk. Fusible 10a est tout simplement le nom du plomb qui a sauté dans ma salle de bain. J’ai hésité à poster sa photo sur Instagram et sur Twitter, avec des hashtags bien sentis comme : #shinealight #putainjpetelesplombs #paslalumiereatouslesetages, mais même avec des super filtres, on peut légitimement convenir que, dans l’absolu, ça n’a aucun intérêt ou valeur ajoutée. Ni pour vous ni pour moi. Pourtant, après réflexion, il me semble qu’il n’y a pas plus de vie, d’imagination, de légitimité dans cet hypothétique cliché, que dans ceux que postent à longueur de journées et de nuits nos contemporains, tellement fiers d’afficher leur anatomie, le soleil, leurs chaussures de course, la mer, la piscine, l’assiette vide ou pleine, la salle de sport, le panneau de signalisation, la télévision, l’objet inanimé, le fruit, le légume, leur avis sur le tout et sur le rien, surtout sur le rien… Est-ce un automatisme, une forme de narcissisme normée et revendiquée, ou le fruit d’une réflexion construite ? Quid du sens artistique, de l’intention, du but ? Dénuée d’une ambition créatrice, l’exhibition devient crue et malsaine, en ce sens le préfixe #porn traduit bien cela, une exposition froide et sans affect, mécanique et aseptisée. On pourrait aussi parler de #porn news, #porn politique, # porn philo, #porn music, etc. « L’autonomie de la volonté est le principe unique de toutes les lois morales et des devoirs qui y sont conformes. » (Emmanuel Kant / Critique de la raison pratique)
Au centre des débats publics, c’est à dire du café du commerce 3.0, l’Intelligence Artificielle ne cesse désormais d’être décriée et fustigée comme la pire des menaces possible par les autoproclamés chantres de l’humanitude. Spéculations, lamentations, indignations, condamnations, mises en garde prophétiques autour des conditionnelles conséquences de l’avènement du robot intelligent, sur l’emploi, sur la vie, sur le devenir de l’espèce, sur la morale …
À lire et à entendre ces sempiternels oracles de malheur, nous serons bientôt les esclaves d’êtres faits de processeurs et de silicone, incapables d’intelligence émotionnelle et de discernement … Au passage, une petite pensée pour toutes les victimes sans distinction ni catégorisation, ni hiérarchie, qui au passé, au présent et au futur souffrent à cause du prétendu Humain. Les robots seraient pire ? Pire que quoi ? Au cours du temps nous avons repoussé les limites du pire, de la violence, de la bêtise, de la méchanceté, de l’indifférence, nous sommes de moins en moins sensibles à la vraie douleur, trop occupés à nous apitoyer sur les contes de l’écran, trop égotistes, à vouloir tout, tout de suite, à désirer une réponse sans poser de question et à rejeter sans distinction l’accessible et l’ineffable. Aurais-je moins confiance dans une machine, si celle-ci contenait un principe éthique encodé dans son noyau, que dans un humain soi disant doté d’un libre arbitre mais dévoyé ?
Pour Alan Turing : « Les tentatives de création de machines pensantes nous seront d’une grande aide pour découvrir comment nous pensons nous-mêmes » a contrario Stephen Hawking prédit que l’intelligence artificielle pourrait mettre fin à la race humaine… Selon la définition du Larousse l’intelligence est à la fois: L’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle. L’aptitude à s’adapter à une situation, à choisir des moyens d’action en fonction des circonstances. Etre pensant capable de comprendre, de réfléchir, de connaître et qui adapte facilement son comportement à ces finalités. La capacité de saisir une chose par la pensée…
Est-ce que le développement de l’intelligence artificielle se limite à un caprice de l’homme démiurge ? Sommes-nous destinés à créer le « surhomme » pour nous dépasser ? Quid de la création, de l’art, de l’éthique, de l’ontologie, de l’amour… Nos perspectives : Westworld ? 2001 l’odyssée de l’espace ? Black Mirror ? A définir hors des stéréotypes de l’entertainement, du manichéisme et du profit immédiat ?
Rien n’incarne plus l’époque que cette triviale interjection associée désormais à la fonction « bon coin » de Facebook (mais si, l’icône petite boutique au centre de votre barre de menus, entre les gens qu’on appelle amis et les sempiternelles notifications), parce qu’il est inutile de vous demander ce que vous souhaitez acheter. Les photos idéalement positionnées grâce à une parfaite étude du comportement de l’utilisateur, vous rappellent qu’au cours de vos pérégrinations sur le web, vous vous êtes intéressé à tous types de produits: de la High tech, en passant par l’équipement sportif, les voyages ou encore l’immobilier… Rassurez-vous, on vous connaît, vous et vos habitudes de consommation et même votre capacité financière… On cherchera juste à profiter de votre désespérante propension à l’achat compulsif pour mieux vous berner…
Aussi trivial que les fossoyeurs des réseaux qui se moquent des marques qu’ils « représentent », obnubilés par une commission ou une gratification, ils se vendent eux mêmes sans éthique ni raison, achetant des coeurs ou des likes sur un marché dit parallèle, pour (se) donner l’illusion de l’influence, dans l’unique but de se procurer des biens de consommation qu’ils ne montreront jamais à leur public, parce qu’il n’est pas dans la cible et serait odieusement frustré. Alors on vous vendra ce joli pull de chez Kiabi, qui permettra d’acheter un sac Vuitton, on vous vantera les mérites de Lidl pour une bague de chez Van Cleef et Arples, vous serez subjugué par les belles photos d’un voyage organisé par une compagnie Low Cost, pour une place en première avec Air France. Bref, on vous vendra du pseudo accessible avec le pire des mépris. Comme ces artistes qui célèbrent l’esprit et le mode de vie ghetto mais se comportent en empereurs chez l’ami étoilé, restaurateur du Tout-Paris qui compte vraiment il paraît. Comme ces entrepreneurs de la nuit qui vous regardent cyniquement dilapider votre paie ou l’argent de la famille dans leur dernier écrin nocturne, un espace taillé sur-mesure pour que vous en ressortiez exangue, mais tellement fier d’avoir prouvé à ce monde interlope votre capacité à dépenser sans compter, mais ne vous leurrez pas, tandis que vos fins de mois deviennent plus difficiles, eux font le plein de billets, sur vos dives bouteilles, le tapin qui vous a fait de l’oeil et même la c qui vous donne l’illusion de la puissance et de la jeunesse éternelle… C’est ça l’entrepreneuriat moderne ou antique, après tout que sais-je si ça n’a pas toujours existé…
Du vegan en passant par le boule de Kim K, de la plus belle des voix à un jeu de guerre virtuel, de ces objets qu’on appelle précieux et que l’on convoite avec plus d’envie et d’amour qu’on en accordera jamais à nos proches, pour quelle finalité ?
Illustration : David Salle, Pay Only $39.95, 2014-2015. Oil, acrylic, crayon, archival digital print and pigment transfer on linen. 84 x 96 inches.
www.davidsallestudio.net
Courtesy Skarstedt, Copyright David Salle, Licensed by VAGA
Las des gesticulations quotidiennes des médias ? Fatigués des rageux motivés par les articles putaclic des publications sans valeur ajoutée, commentateurs de tweets et spoileurs de séries télé, capables de s’ériger contre le sexisme tout en générant des revenus publicitaires grâce aux photos dénudées de starlettes en mal de célébrité ? Il y a peut être une raison à cela …. le Larousse définit la sociopathie comme un trouble de la personnalité caractérisé par le mépris des normes sociales, une difficulté à ressentir des émotions, un manque d’empathie et une grande impulsivité. On pourrait croire à une énumération des caractéristiques publiques de Donald Trump, mais malheureusement il n’est pas le seul dans ce cas, loin s’en faut…
La majorité des acteurs médiatiques excellent dans l’art de l’image et du contrôle, excités par un besoin exacerbé de surenchère et de sensationnalisme, retransmis et martelés en mondovision 24h sur 24, dotés d’armes puissantes de diffusion massive comme Twitter ou Instagram dédiés à leur propre gloire, magnifiés par des armées de conseillers et de professionnels, des logiciels de retouche, ils exercent en toute impunité, un véritable bondage émotionnel sur des êtres authentiquement naïfs, abonnés, suiveurs, fanatiques, embrigadés et endoctrinés. Ils ne sont plus lucides et ne remplissent plus aucun rôle sociétal, attribué ou confié. Ils se bornent à pousser leurs fameux cris d’orfraie: à chaque nouvelle catastrophe, affaire rocambolesque ou simple évènement du quotidien ou de la vie… mais point d’actes. Simples adeptes du commentaire et de la petite phrase, dénués de tous scrupules…
Passer au crible les déclarations publiques des « personnalités » politiques, sportifs, artistes, intellectuels, journalistes, animateurs, présentateurs, comiques, spectateurs, candidats à la célébrité virtuelle ou télévisée, permet de réaliser l’extraordinaire trou noir intellectuel dans lequel nous sommes plongés de force, la portée est éphémère, le but est navrant, monopoliser l’attention sur l’instant, véhiculer en pleine conscience la désastreuse idée que la perfection est un objectif « minimum » et accessible, ériger le premier degré en loi et pire que singulariser, condamner l’anti conformisme en le banalisant ou en amoindrissant sa finalité.
Bret Easton Ellis en visionnaire a produit avec American Psycho, une oeuvre d’une grande acuité. Hormis le passage à l’acte, Patrick Bateman est un parangon de l’époque. Much ado about nothing, beaucoup trop de bruit pour rien, seule recommandation ? Affranchissez-vous !
« Si vous ne lisez que ce que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense. » Haruki Murakami
Je ne vous apprends rien, les corps sont glorifiés, exposés continuellement au regard de tous, sur la toile ou IRL (in real life), en corollaire les esprits sont de plus en plus étriqués, de courtes pensées, censeurs, incapables de discerner le premier du deuxième degré ou de forger des opinions libres. La société du spectacle de Debord est devenue une réalité à laquelle il convient de ne pas échapper sous peine d’être marginalisé. Mais rien ne nous empêche d’espérer et de travailler… Pour ce faire, et avant de contempler la nature, de ressentir le secret véritable contenu dans notre coeur, musclons notre esprit avec différentes ressources culturelles, utilisons le savoir comme outil de la Connaissance. Un livre, un penseur, une musique, un art graphique, une période historique, un film, un vêtement… Partons d’éléments simples et accessibles, mais plutôt que de les aborder superficiellement, cherchons à sortir des sentiers battus, dépasser les cadres, trouver les idées cachées, le sens profond. Emparons-nous de la création, retrouvons le contexte, le cheminement, la personnalité, le fond… Mais en guise d’échauffement et d’exemple, commençons par des citations, des extraits qui contiennent parfois toute la puissance de la pensée et de l’acte :
Alexandre Dumas : “En fumant, vous abrégez votre vie, me dit-on. Je fume depuis l’âge de dix-huit ans, j’en ai soixante-cinq, si je n’avais pas fumé, j’en aurais soixante-dix. Je serais bien avancé !”
Ghandi : « Lorsque nous critiquons, il faut le faire avec une humilité et une courtoisie qui ne laisse subsister aucune amertume ».
Joni Mitchell :
Fernand Leger : « Trois Femmes » https://www.moma.org/collection/works/79078
La régence : La Régence est une période de réaction contre le règne de Louis XIV : elle libère les idées et les mœurs, révolutionne le système de gouvernement et les finances, prend le contre-pied de la politique religieuse de Louis XIV et renverse les alliances politiques (Source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/la_R%C3%A9gence/140529)
Nosferatu : F. W. Murnau
Le noeud papillon
(…) Il faudra attendre 1924 pour que la scission avec la famille cravate soit irréfutable. A cette date, Jesse Langdorf, cravatier new-yorkais, imagine une découpe en diagonale et une finition en 3 parties pour en améliorer la tenue : la cravate moderne est née. lenoeudpapillon.fr
Si par le plus grand de hasard, que nous offre en l’occurrence l’art de la production littéraire, nous étions amenés à présenter d’un mot notre nouveau Président de la République à quelqu’un qui serait à peine sorti du coma et qui s’interrogerait sur les choses du monde, il est probable qu’à 99% et à l’instar de l’ensemble de la caste médiatique nous utiliserions le mot « jeune ».
Emmanuel Macron a presque 40 ans. Il est paradoxalement président d’un pays qui prône la valeur au nombre des années et au parcours « universitaire ». De ce côté là pas de soucis, l’homme est bien issu du sérail. En est-il de même pour son âge, quoi qu’en atteste des artères ?
Si l’homme est bien né le 21 décembre 1977, tandis que pou ma part je suis né le 26 Janvier 1976, alors, je m’interroge : A-t-il fait ses premières armes sur la NES, sur la Sega Master System, vidéopac, vectrex, super nes, megadrive ? Etait-il plutôt Pearl Jam, Nirvana, Guns, Metallica, Noir Désir, Joy Division, Cure, Beastie Boys, NTM ? A-t-il déjà planqué un Lui dans un journal l’équipe ? Etait-il devant son écran de télévision, le jour de la projection de la créature du lac noir en 3d dans la dernière séance ? Vécu la naissance et la mort de la 5 ? Lu Mad Movies, Strange, Spidey ? Suivi le top 50 ? Eu un yoyo ? Joué au Simon et au docteur Maboul ? Lu la bibliothèque rose et verte ? A-t-il fait un caprice pour avoir un Optimus Prime, un Dark Vador de chez Hasbro ? Est-ce qu’il connait par coeur, encore aujourd’hui le générique d’Ulysse 31 ou de de l’inspecteur gadget ? Porté fièrement des t-shirts Waikiki et un K-Way, si vraiment on a le même âge, alors on devrait nécessairement avoir des points communs ? Pif Gadget, les crados, Intervilles, Coluche, Les nuls, les inconnus, la bruelmania, 4 garçons plein d’avenir, la haine ? Est-ce qu’il associe Jump de Van Halen ou Go West des Petits Shop Boys à deux clubs de foot antagonistes ? Flipper, arcade, Jordan, Pump, Chevaliers du Zodiaque, Samantha Fox, crados, chevignon, act up, fusée challenger, Rambo, T2, Public Enemy, Stephen King, ça lui dit quelque chose ? Sommes nous vraiment issus de la même culture ? Je ne me reconnais que très partiellement dans les références Macronienne, mais il m’est plus aisé de m’approprier ses références que lui les miennes, surtout en vieillissant. Sub culture, pop culture, underground, il avait des copains punks ou gothiques ? Faisait-il des soufflettes et des aquariums dans des 205 GTI ? Considère-t-il Trainspotting ou Fight Club comme des chefs d’oeuvre ? On pourrait dérouler la pelote pendant des heures … Tout ça pour contrebalancer les fameuses et sempiternelles conneries de nos médias. Jeune dans le corps évidemment mais à quelle génération appartient-il, s’il n’a jamais été présent dans l’époque, si ses références, ses codes, ses appétences, viennent du passé ? Sommes-nous vraiment du même temps ? Manu, tu me prête ta Game Boy ?
« Si les salariés se ‘révoltaient’, le choc inflationniste, et donc de taux d’intérêt, qui en résulterait aurait des effets très négatifs sur les détenteurs d’obligations, sur les États et les entreprises ». Car une telle révolte occasionnerait selon Patrick Artus, auteur de l’étude et directeur de la recherche et des études de Natixis: « une hausse rapide des salaires » qui « conduirait à de graves déséquilibres financiers ». À savoir donc, « une chute des marchés et une hausse des taux d’intérêt et de l’inflation ». Certes les ménages en « bénéficieraient », mais pas les actionnaires, les finances publiques et les grands groupes. Source : www.challenges.fr
Ayant à coeur de satisfaire au mieux les actionnaires, les finances publiques et les grands groupes, je vais exercer mon droit de réserve, qui ne coute heureusement rien à personne. Juste pour info, la fin du monde est prévue pour quand ?
Le Rap, la musique préférée des français est un livre publié aux éditions Don Quichotte, de Laurent Bouneau. Fif Tobossi, Tonie Behar. Merci à Fif pour cette interview riche et pleine de sens.
FIF, TOUT EST DIT DANS LE TITRE DU LIVRE OU EST-CE UNE REVENDICATION ?
C’est à la fois un constat et une revendication. Le rap est le vilain petit canard du système et en même temps la musique qui cartonne le plus. Pour autant, les choses changent, les jeunes générations s’installent aux plus hautes fonctions dans les médias, la finance etc. ce sont des personnes qui ont grandi et écouté du Rap. Le street art envahit les musées et les collections privées. Les « rockers » hors d’âge sont petit à petit poussés vers la sortie. Insidieusement aujourd’hui, on trouve partout les codes du Rap, c’est un langage commun et pratiqué pratiquement par tous, à part quelques irréductibles réfractaires !
EST-CE QUE LA RAP EST RÉELLEMENT IMPLANTÉ DANS LES MŒURS OU EST-CE TOUJOURS SUBVERSIF ?
Le rap a l’état brut reste toujours l’apanage des puristes, mais si on prend historiquement des artistes comme MC Solaar, Doc Gyneco, I am, NTM, Maitre Gims, Grand corps malade, Stromae, d’une façon ou d’une autre, ils ont été ou sont en haut de l’affiche ! A tort on les déconnecte du rap alors qu’ils sont en réalité en plein dedans. Malheureusement de nombreux médias agitent encore le Rap pour faire peur, pointent du doigt sa frange « violente », génèrent des clivages inutiles. Ils recherchent uniquement le côté subversif et sensationnel, sans s’attacher à l’histoire, aux racines, à la réalité du Rap qui ne se limite pas aux frasques de quelques uns. Laurent (Laurent Bouneau co auteur et directeur général des programmes de Skyrock), à su populariser le rap et toucher tout le monde. Il a encré le rap dans le paysage musical français et notre livre est une sorte de pierre angulaire pour toutes celles et ceux qui voudraient par la suite rendre hommage, au style de musique, mais également a ses représentants, à sa culture. Il y a énormément à raconter sur le Rap français sur le fond et sur la forme. Bobba par exemple est à la fois auteur, compositeur, interprète, il a sa marque de vêtements, c’est un personnage complexe qui mérite d’être étudié au delà des mots crus de ses textes.
NOTRE CONVERSATION AVEC FIF SORT DU CADRE DE L’ITV CLASSIQUE ON ÉVOQUE À DEMI MOT UNE RÉALITÉ : LE RAP EST REJETÉ PAR L’INTELLIGENTSIA À CAUSE PEUT ÊTRE DE SES ORIGINES BANLIEUSARDES POUR NE PAS DIRE PLUS, MAIS EN MÊME TEMPS, ELLE EST LA SEULE MUSIQUE ÉMERGENTE IDENTITAIRE DANS UN PAYS OU DOMINAIT LA VARIÉTÉ.
Des années 50 « opérettes », aux chanteurs engagés et réalistes, les français ont découvert le rock des Beatles et des Stones et les artistes les ont imités dans les codes, l’attitude, les pseudos… Le rap s’est forgé ses propres racines avec un métissage certes culturellement lié aux Etats-Unis mère patrie du style mais en y intégrant ses diversités culturelles fruit du mélange ordinairement reproché à la banlieue. Les enfants des Zemmour, Naulleau, Sarko ont fatalement écouté du rap ou même sont carrément dans l’univers … et pourtant le regard des géniteurs sur cette musique demeure parfois étrangement sans concession…
QUEL EST VOTRE BUT À TRAVERS CE LIVRE ?
Le livre est une montée au créneau, quitte à essuyer les critiques (ndlr je vous laisse suivre l’actualité des clash sur d’autres sites !). Donner envie de faire des livres. Dégoupiller l’hermétisme des carcans bien pensant et petit bourgeois qui refusent l’accès aux grandes tables d’expressions et de débats à la culture Rap. A la fnac par exemple le rayon rap français est minuscule. Il y a matière à travailler et à l’étoffer. Les sujets sont nombreux : Le secteur A, la Mafia k1 frey, par exemple, c’est à la fois de la musique mais c’est aussi des success story dans les affaires, des personnages riches et étonnants comme le décrit si bien Laurent dans notre livre !
LES DIFFICULTÉS POUR PARLER DU RAP À LA TÉLÉVISION
Toujours dans la polémique, jamais positif ? Olivier Cachin seul représentant « officiel » des médias parfois chahuté. Pourquoi pas un Bernard Pivot « street » : Les émissions culturelles télévisées intéressent qui et à quelle heure ? Imaginons une émission littéraire ou culturelle réellement ouverte à la culture des 25 – 45 ans et qui passerait ne passerait pas sur canal ou les chaines du câble mais accessible à tous… prochaine étape ?
-NDLR : Le livre est le produit de la radio et d’internet, aurait-il pu en être autrement (télévision et presse écrite)… La question reste ouverte mais j’ai ma réponse !-
Le rap n’est pas une sous culture ! Mais pour l’affirmer il faut des références, des pros, des spécialistes, des émissions, on va faire un dossier sur les featuring improbables par exemple, vous serez surpris de voir comment le rap est présent partout même dans la variété… alors occupons la place qui nous revient et accordons à cette musique la place qu’elle mérite, au sommet de la pyramide ! Après, il faut aussi savoir prendre des risques, mettre la musique partout… prenons le cinéma, le rap dans la majorité des films français illustre des scènes de violence ou de banlieue… mais cela change, petit à petit, il y a quand même des victoires. Des gens comme Omar Sy, Thomas Thouroude, Mouloud etc. viennent de cet univers au sens large… on entend quelques génériques dans les émissions de foot ou le rap est très présent et amènent au style une certaine légitimité populaire. Mais le chemin est encore long !
UN DISQUE À ÉCOUTER POUR CELUI OU CELLE QUI EST TOTALEMENT RÉFRACTAIRE AU RAP : C’est vraiment très dur !!!!
– L’école du micro d’argent d’I am
– Hexagone 2001… rien n’a changé, collectif de rappeurs qui reprennent du Renaud, la preuve que l’ouverture est de plus en plus importante, la réunion entre la France et sa musique n’est pas loin, accepter cette réalité, c’est presque politique !
– Tellement qui mériterait d’aller dans leurs oreilles …
L’AVENIR ?
Il faut plus de projets consacrés au Rap, montrer qu’on est là, aux Etats-Unis des textes de krs-one et Tupac sont étudiés à l’université, n’oublions pas que le rap ne se limite pas à quelques artistes subversifs qui provoquent les mêmes courroux que le rock en son temps, scandaliser à toujours fait parti du jeu, en revanche aujourd’hui personne ne conteste aux Bowie, Stones, Beatles, leur génie et de nombreux français ont écrit des livres ou réalisé des reportages sur ces artistes … Les rappeurs français méritent autant de considération surtout au regard du talent… et des ventes, rappelez moi d’où viennent Stromae, Orelsan, Doc Gyneco ? Le phénomène prend de l’ampleur. Notre livre est un message aux futurs générations qui peut être s’en inspireront ou iront chercher des références pour des mémoires, des travaux dans les écoles d’art, de communication et pourquoi pas de commerce…
Après tout pourquoi pas : Le Rap est la musique préférée des français !
En 1996, Skyrock a basculé dans le rap et le R n B, devenant la première radio nationale spécialisée dans la culture urbaine. Voilà dix-sept ans que, avec toute l équipe de Skyrock, nous nous battons pour populariser cette culture et faire découvrir les artistes qui la font vivre. Dix-sept ans ! Quand je pense au nombre de projets, d émissions, de concerts, de rencontres… j ai le vertige ! De IAM à Doc Gynéco, de NTM à Sexion d Assaut, sans oublier Diam’s, Rohff, Booba, La Fouine, Orelsan, Soprano et tant d’autres, ils sont tous passés sur Skyrock et j ai vécu des histoires extraordinaires avec chacun d entre eux…
Au fur et à mesure de l’échange on se prend à réver, à une certaine éducation des esprits reveches, aux origines des samples et de la musique, au sens des paroles, à l’incroyable vecteur qu’est le rap pour fédérer et transporter les âmes des recoins les plus sombres aux plus éthérés.
Un livre hautement recommandé, pas uniquement aux amateurs de rap, à celles et ceux qui croient encore que c’est juste du bruit et des borborygmes, produit d’une sous culture et qui finiront si ce n’est par changer d’avis, au moins de céder la place à d’autres, capables de réunir et d’apprécier la diversité des courants stylistiques nécessaires pour que socialement chacun soit reconnu à sa juste valeur. Quelque soit son origine, sa religion, sa couleur dont nous n’avons fondamentalement pas à nous préoccuper pour harmonieusement vivre et grandir ensemble.
Dix-sept ans plus tard, la culture urbaine a emporté la partie. Ses influences, références, codes, rythmes, sons et attitudes ont infiltré toutes les couches de la société. Le rap s’invite chez les bobos, dans les cités, les médias, au cinéma, dans la rue et les défilés des grands couturiers, dans l’art contemporain et la déco. Il est dans le générique d’une émission, dans la bande-son d’un film, dans les fêtes du samedi soir et dans les stades de foot. Il est dans la gestuelle, le langage. Ce n’est pas une provocation mais un constat : le rap est aujourd’hui la musique préférée des Français !
Laurent Bouneau, directeur général des programmes de Skyrock, est l’homme qui a popularisé le rap et les rappeurs en France. Fif Tobossi, fondateur de Booska-P, le site n° 1 sur le rap en Europe, est un amoureux et un fin connaisseur du rap français. Ils ont tous deux été des témoins de cette success story, dont ils ont eux-mêmes écrit quelques pages. Avec l’auteure Tonie Behar, ils livrent ici une histoire subjective du rap français, truffée d’artistes et d’anecdotes insolites. Aux éditions Don Quichotte
Anna Polina est une iconique Porno Lady, actrice, réalisatrice … Mais la Dorcel Girl est aussi drôle, pertinente, extrêmement sensuelle et punk. Anna entre dans la pièce et tous les sens se mettent en éveil ! Après notre conversation, je peux définitivement vous confirmer que l’adage « don’t judge a book by its cover » est une évidente réalité. Avec en prime le test de l’expérience de Réalité Virtuelle 360°3D par Marc Dorcel.
Il fallait bien trouver une première question pour se mettre dans l’ambiance, alors on a parlé musique : Anna, la musique fait partie intégrante de votre vie, pouvez-vous nous en dire plus ?
La musique est indispensable ! Pour tout, que ce soit dans les bons ou les mauvais moments, la musique permet d’exorciser certaines émotions, la musique c’est primordial, en revanche même si j’ai un milliard de projets, si je fais de la musique, le public aura le droit de m’insulter sur les réseaux sociaux ! J’ai trop de respect pour les rappeurs, les musiciens, les DJ, pour supporter l’arnaque musicale ! La dessus, je suis intransigeante, mais participer à des vidéos c’est pour moi logique, Seth Gueko par exemple aimait bien mes films et moi son rap, c’était une collaboration amicale. Aufgang pour le clip « Summer » c’était une occasion de participer à un super concept et de changer d’univers…
Une pépite ou un coup de coeur à partager ?
Seth Gueko « Professeur Punchline » !
Anna vous êtes également férue de littérature, Virginie Despentes fait partie notamment de vos références quelle est votre livre de chevet actuellement :
Eva de Simon Liberati. Mais des auteurs comme Virginie Despentes me touchent énormément car je suis une grande punk. Dans ma vie je n’ai jamais fait de concessions, J’ai toujours fait ce que je voulais, quand je voulais, je tiens à la liberté que je m’accorde, choisir son métier, choisir ses amis, l’endroit où l’on vit et je suis intransigeante la dessus !
Puisque vous êtes Punk, que faites vous pour lutter contre le conformisme ?
Même si je tiens à mon confort, pour moi être punk c’est un mode de pensée: accepter la plus totale des libertés. Ma première façon de lutter contre ce conformisme a été de faire du X, de l’assumer, de continuer à en faire et de rester dans cet univers que j’ai envie de défendre, d’autant plus que je suis également libre sexuellement dans ma vie privée.
En terme de plaisirs hédonistes, peut-être au dessus de la luxure, il y a la gourmandise… alors êtes vous gourmande ?
(Rires) Je suis le stéréotype de la fille de l’Est, j’aime les truc salés… j’adore le caviar et le hareng ! sinon je suis fan de la soupe de goulash mais c’est beaucoup moins glamour, un genre de pot-au-feu mais version hongroise. Je ne vais pas parler de Chantilly et de fraises …
Pour prendre soin de votre corps, vous faites du cross-fit ?
C’est plutôt de la torture que du sport ! Je ne suis pas une grande sportive mais j’aime beaucoup la danse, je fais des shows en discothèques, en revanche je n’aime pas courir, la salle de sport m’ennuie très vite et je passe plus de temps à regarder les gens ou à discuter qu’à faire du sport mais récemment j’ai un ami qui m’a proposé d’essayer le cross fit j’avais l’impression d’entrer dans une secte tellement les gens qui en font sont addicts, mais je comprends ! c’est hyper diversifié, beaucoup de mouvements différents, du cardio, haltérophilie, gymnastique, c’est aussi intéressant pour le corps que l’esprit et surtout c’est un vrai challenge, pour une fois que je suis la plus nulle du cours, une vraie mise en danger.
Pour celles et ceux qui vous découvrent, je l’espère avec plaisir, grâce à ce portrait quel serait le film que vous pourriez leur conseiller pour une première fois ?
En ce qui concerne les films ce serait la journaliste, mais plus globalement tous les films que j’ai tournée en 2015. Je me suis libérée de beaucoup de complexes. J’ai appris à travailler avec de nombreux réalisateurs. J’ai une meilleure technique mais j’arrive surtout à prendre du plaisir et du coup je pense procurer une certaine émotion pornographique. Donc principalement les dernières productions plutôt que les anciennes.
La réalisation ?
J’ai eu l’occasion de réaliser un film à petit budget mais j’aimerai en faire d’autres avec de plus gros budgets. Il faudrait que j’ai le temps d’écrire quelque chose de bien, pas de trop parlant parce que ce n’est pas le but dans le X, sans verser non plus dans le porno féministe, mais qui pourrait plaire à un large public, à des jeunes femmes de 20 ans, jeunes couples, j’aimerai aussi réaliser des courts, des moyens, des longs…
Que pensez-vous des scènes de sexe non simulée dans le cinéma traditionnel et par exemple du battage autour de fifty shade of grey alors que les acteurs étaient doublés ?
Je trouve qu’on a fait énormément de bruit autour de 50 nuances de Grey. Je suis allée voir le film par acquit de conscience. J’ai lu le 1er tome également (moins douloureux à lire qu’à regarder d’ailleurs), c’est clairement l’un des pires films de toute ma vie ! pourtant je suis fan de la série gossip girl et j’ai grandi avec Dawson, je peux vraiment être bon public… mais dans 50 nuances, il n’y a pas de sexe ! Pas d’enjeu, je trouve ça très gentillet, quand on pense aux Valseuses où il y avait vraiment quelque chose, aujourd’hui on nous vend du SM presque »Disney » ! alors que des réalisateurs comme Gaspar Noé par exemple avec Love sont capables de proposer du vrai contenu, mais c’est dans le milieu Underground et toujours trop loin du grand public.
En ce qui concerne la mode avez vous des préférences ?
Je ne porte quasiment que du noir, je déteste la couleur, c’est la raison pour laquelle je me suis teinte en blonde, pour faire ressortir le noir, je suis de plus en plus intéressée – pas forcément par la mode – mais par le vêtement. J’aime quand c’est bien taillé, comme The Kooples, j’aimais Balmain jusqu’à sa collaboration avec H&M. Maje, Sandro, dans toutes ces boutiques on peut trouver des trucs sympa. American Apparel pour les leggings, ça passe toujours !
D’ailleurs leurs publicités sont toujours très explicites et stylisées ! j’imagine que Terry Richardson, le Street-Art par exemple, ce sont des mouvements artistiques que vous appréciez ?
J’adore Terry Richardson, je trouve qu’il y a beaucoup de polémiques autour du personnage mais à côté de ça il est extrêmement talentueux, sa dernière séance avec Miley Cyrus est excellente voilà typiquement une personne a qui on a collé une étiquette et qui évolue en pleine liberté, elle renvoie une super image !
Qu’est-ce qui vous fait complètement décoller ?
Le caviar, le hareng (rires) certains garçons et certaines musiques.
C’est quoi pour vous le summum du luxe ?
C’est d’avoir beaucoup de second degré, d’autodérision, de recul sur la vie, d’avoir une sorte de mélange de dignité et d’autodérision et c’est valable quelque soit sont statut social !
Quelle est la cause que vous défendez plus particulièrement ?
Les travailleuses du sexe. Les strip-teaseuses. Les filles qui posent nues. Les actrices X. J’ai conçu ma vie de femme dans cet environnement là et je considère qu’il est anormal qu’une pratique faite entre personnes consentantes soit aussi mal considérée, qu’il y ait aussi peu de respect pour celles qui font ces métiers, qui existent depuis toujours. Quant on pense à celles qui aident les personnes souffrant d’un handicap par exemple, leur sexualité est malheureusement un tabou… D’autre part, si on regarde les Etats-Unis, la grande différence, c’est la mentalité, peu importe le domaine de réussite, cela provoque le respect. C’est la raison pour laquelle on peut voir des actrices X dans des séries télévisées ou des films mainstream, comme par exemple Game of thrones avec Shae (Sibel Kekilli) qui a eu un rôle très important. Au départ elle faisait du X allemand et a pu faire un film d’auteur et cette série, ou Sasha Grey dans The Girlfriend Experience de Sodebergh. Lorsqu’elles ont des compagnons célèbres, ils sont capables d’aller ensemble sans peur du jugement aux AVN Awards. Là-bas le X est une industrie à part égal des autres.
Est-ce que l’art tourne en rond, ou est-ce qu’il y a encore des champs à explorer ?
Aujourd’hui, si je prends ma génération, les 25 – 30 ans, nous avons des possibilités infinies de création. De projets réalisables et la capacité de les partager. Il faut avoir l’envie et se donner les moyens de les accomplir, grâce aux Internets, Youtube, Soundcloud etc. même les livres peuvent se diffuser en ligne et sans beaucoup de frais, il y a encore énormément de champs à explorer.
Dans le domaine du porno, il y a une certaine nostalgie du X des 70’s, le côté vintage, « classieux », est-ce abandonné ?
Je vous recommande Prison de chez Dorcel, il y a une esthétique très présente. Une mise en condition. Un vrai travail sur les lumières, le scénario. On est dans du pornart, du porno chic. Il ya quelques productions qui font encore ce genre de contenus, mais c’est une minorité, à part Marc Dorcel en Europe, il n’y a pas grand chose. Il ne faut pas oublier que les budgets sont très importants et que la qualité à un prix !
De fait, les besoins de votre industrie pour proposer des films toujours plus ambitieux passe par le payant plutôt que le tout gratuit ?
J’achète la musique sur Itunes et j’aimerai bien que mes fans aillent sur les sites légaux pour voir ou télécharger mes films. Il y a bien sur le site Dorcel.com, mais également de nombreuses plateformes sécurisées qui permettent d’acquérir les films sans pénaliser les actrices, les réalisateurs, les producteurs. En fait, la plupart des maisons de production ont des sites très bien fait et la qualité est réellement au rendez-vous ! Alors, faîtes-moi plaisir…
Un grand merci à Anna, Camille et Marie Laurence pour cette charmante rencontre.
A suivre: le Test de l’expérience de Réalité Virtuelle 360°3D par Marc Dorcel avec Anna Polina
Tout homme n’aperçoit qu’une parcelle infime de la Vérité, et bien souvent, sinon perpétuellement, il se leurre à dessein sur la nature de ce précieux fragment qu’il détient. Une part de lui-même se retourne contre lui et agit comme un autre sujet. Ainsi l’homme se défait-il de l’intérieur. Un homme à l’intérieur d’un homme, ce qui ne fait point d’homme.
Jerry Fabin est drogué, il croit que son corps est recouvert de parasites. Il imagine qu’il vit en enfer. Jim Barris, petit génie de la chimie, est capable de produire un gramme de cocaïne pour moins d’un dollar. Fred travaille pour la brigade des stups, le corps dissimulé sous un « complet brouillé » jusqu’au jour où il comprend qu’il est son propre suspect. Ces trois-là et bien d’autres freaks vivent dans un monde où règne la Substance Mort, une drogue qui détruit l’identité…
Oeuvre majeure de Philip K. Dick, à l’instar d’Ubik, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? ou le Maitre du Haut Château, Substance mort est accessoirement le roman préféré d’Axl Rose, ce qui tend à prouver que le leader des Guns n’ Roses est un homme de goût ! A lire et à voir mais surtout à comprendre, à méditer, à (re)découvrir sans hésiter.
Nous n’avons pas trop peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. La vie est assez longue, elle suffirait, et au-delà, à l’accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés. Mais quand elle s’est écoulée dans les plaisirs et l’indolence, sans que rien d’utile en ait marqué l’emploi, le dernier, l’inévitable moment vient enfin nous presser : et cette vie que nous n’avions pas vue marcher, nous sentons qu’elle est passée. (p. 2, Ligne 3, Chapitre 1).
Au travers de son expérience, Sénèque cherche comment prolonger la vie humaine en la débarrassant des mille futilités qui l’encombrent sans lui apporter de richesse supplémentaire. Il nous aide ainsi à évaluer ce qu’est une vie vraiment vécue. Cet écrit est une lettre écrite à son ami Paulinus, dans laquelle il développe ses réflexions sur ce qui, aux yeux de beaucoup, est vécu comme une sorte d’injustice ou de déception : que la vie soit trop courte. Loin s’en faut, proclame le grand philosophe. La vie est, au contraire, a priori plutôt généreuse. Seule l’attitude des individus peut conduire à ce que leur vie leur paraisse passer plus vite qu’il ne l’est…
Ainsi, si nous n’étions pas si occupées à courir après des ambitions sociales un peu vaines ou une oisiveté souvent critiquable, ou encore une avarice insatiable, si l’on ne dépensait pas inutilement son temps au service d’autres sans que cela soit toujours bien nécessaire et dans une sorte de « servitude volontaire », on tirerait bien plus avantage de ce que la vie nous offre, goûtant chaque instant comme s’il était le dernier ou le premier… babelio.com
« Il est des moments où il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l’existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose. » Oscar Wilde
La sentence est brillante, pourtant le questionnement demeure… à moins que les Monty Python n’aient la réponse à cette question existentielle ?
Why are we here , what’s life all about ?
Is God really real , or is there some doubt ?
Well tonight we’re going to sort it all out
For tonight it’s the meaning of life
What’s the point of all this hoax ?
Is it the chicken and the egg time , are we just yolks
Ore perhaps we’re just one of Gods little jokes
Well you see the meaning of life
Is life just a game where we make up the rules
While we’re searching for something to say
Ore are we just simply spiralling coils
Of self-replicating DNA ?
In this life , what is our fate ?
Is there Heaven and Hell ?
Do we reincarnate ?
Is mankind evolving or is it too late ?
Well tonight it’s the meaning of life
For millions this life is a sad vale of tears
Sitting round with nothing to say
While scientists say we’re just simply spiralling coils
Of self-replicating DNA
So just why , why are we here ?
And just what , what , what , what do we fear ?
Well à ce soir , for a chance , it will all be made clear
For this is the meaning of life
c’est le sens de la vie , this is the meaning of life
Essayons de ne pas perdre notre temps en verbiages, le plus souvent incompréhensibles et contre productifs, essayons également de ne pas asséner de pseudos vérités ou des conseils qui n’ont jamais été suivis, par personne. Essayons ensemble de dépasser l’affolement et la précipitation du quotidien, essayons d’utiliser avec sagacité deux facultés majeures, le discernement et l’intuition. Le discernement étant l’art de faire les distinctions nécessaires à la connaissance ou à l’action, l’intuition, une prise de conscience immédiate et individuelle. Dans un monde résolument absurde et fondé sur l’apparence, pour quelle finalité ? “L’homme a pour conducteur le discernement et pour rênes la pensée parvient à l’autre rive de son voyage.” Upanishad “On tient pour suspectes l’induction et l’intuition ; l’induction, le grand organe de la logique ; l’intuition, le grand organe de la conscience.” Victor Hugo. Tout est contenu dans ces deux citations. Il est souvent plus aisé de faire appel à des paroles externes, pour ma part ce n’est pas une question de délégation de pensée mais une reconnaissance de l’acuité de certains à qui je laisse volontiers l’entière propriété de leur propos. Pourquoi appauvrir un message, pourquoi mal dire ou mal écrire alors que c’est si beau et si proche de la vérité ? Dans ces deux mots de discernement et d’intuition, il y a l’humain sans fard, sans costume, sans mensonges, l’humain au plus près de sa vraie nature. Le sens. L’essence…
Tandis que les médias expurgent toujours plus le sens des mots, j’en veux pour preuve le terme de « renoncement », qui aujourd’hui signifie tout à la fois preuve de constat d’échec, lâcheté, sortie par la petite porte et qui dans son acception noble veut dire : Lâcher prise, libération des contingences matérielles… nous assistons sans états d’âmes à des scènes tragiques sur le plan éthique et moral, en victimes complaisantes ou pire en acteurs conscients… résignés ?
La « formidable » émission Koh Lanta nous donne un exemple frappant de cet état de fait : Au terme d’un suspens insoutenable, les participants sont invités l’un après l’autre et isolément, a priori sans avoir reçus d’informations préalables, à rejoindre l’animateur qui se frotte les mains pour patienter, signe que le moment à venir sera d’une importance capitale sur le plan émotionnel. Avec stupéfaction, les aventuriers découvrent qu’un membre de chaque famille (mère, femme, femme enceinte) s’est déplacé jusqu’au lieu de tournage (en l’occurrence le Cambodge) pour témoigner de son affection à l’aventurier éprouvé par des conditions de vie réputées extrêmes. S’en suit une crise de larmes bien légitime, filmée comme il se doit sous tous les angles et qui à l’autre bout de l’écran, encourage le téléspectateur à se resservir une pleine poignée de mms pour supporter ces déchirantes retrouvailles. Les effusions ne durent que quelques secondes car ils doivent, pour passer un moment privilégié avec leur proche, s’affronter lors d’une épreuve de tir à l’arc, le gagnant devant à la fois être le plus habile dans cet exercice mais également le bourreau, car celui-ci aura pour charge de briser la flèche d’un concurrent afin de l’empêcher sciemment de retrouver son proche, témoin impuissant de ce concours. Evidemment, chaque participant s’est prêté à ce petit jeu avec plus ou moins bonne grâce, habité par la nécessité de triompher, cassant sur sa jambe la flèche de l’autre, à quelques centimètres du soutien moral qu’il ne reverra que.. quelques jours plus tard, l’émission touchant à sa fin. Au delà de l’absurdité de la scène, aucun participant (mais est-ce que la production aurait accepté un tel scénario ?) écoeuré par ce procédé sadique n’a cassé sa propre flèche au motif qu’il préfère se sacrifier plutôt que de s’adonner à une telle inhumanité. C’est donc volontaires et sûrs de leurs bons droits qu’ils ont légitimé leur acte employant les mots de vengeance ou de stratégie. Ce n’est qu’un jeu me direz-vous…
Avant la diffusion de cet évènement fédérateur au sein du foyer, c’est un présentateur de journal télévisé bien connu qui oppose les misère et s’insurge contre les migrants qui bénéficient d’un traitement de faveur au détriment de nos pauvres et qu’il ne faudrait qu’en même pas se tromper de priorité. C’est un joueur de foot qui prend un carton jaune de la part d’un arbitre zélé et qui applique à la lettre le règlement, parce qu’après avoir marqué un but, il témoigne de sa compassion à l’égard d’une équipe de football décimée lors d’un crash aérien en enlevant son maillot et laissant apparaitre un message d’amour. Les sanctions sont toujours irrévocables, l’un hiérarchisant l’indigence, l’autre appliquant aveuglément la loi.
Une série comme Westworld dans laquelle les humains paient pour tuer et violer en toute impunité dans un parc d’attraction, des humanoïdes en tous points semblables à nous mais dont c’est la prétendue raison d’être, témoigne en réalité du détachement qui nous accable, n’acceptant l’autre que de façon étanche et contemplative, sans aucune autre interaction que pour satisfaire des besoins primaires, « tu es parce que tu me permets de faire, mais tu n’obtiendras rien d’autre comme récompense ».
C’est la célébration constante de ceux qui sont et l’avilissement de ceux qui font, l’exécutant dans ce schéma n’a pas d’idées mais est réduit à une simple force d’application. Mark Zukerberg est un génie parce qu’il a créé Facebook (tout seul ?), tandis que les milliards d’utilisateurs qui alimentent chaque jour le réseau ne font qu’en apporter la preuve. C’est comme si on s’extasiait devant un tourne disque qui passerait un vinyle sans le son… C’est l’isolement constant sans altérité, la définition de l’être par son nombre de followers, combien même ces suiveurs sont passifs et sans interactions. C’est le rejet de l’union, de la construction commune, Hobbes avait-il à ce point raison lorsqu’il disait (Profecto utrumque vere dictum est) : Assurément, ces deux choses sont exactes (Homo homini Deus, et Homo homini Lupus) que l’homme est un dieu pour l’homme et que l’homme est un loup pour l’homme ? Serait-ce là aussi une sentence irrévocable, à cela prêt que l’individu retranché dans son égotisme est un dieu pour lui-même et un loup pour lui même, incapable de se remettre en question ou en perspective, enferré dans la conviction inconsciente qu’il n’existe que pour lui même et que les autres ne sont que les moyens ou objets qui justifient sa propre existence ? Opposer l’un au tout, n’est-ce pas totalement contre nature et par voie de conséquence contre productif ? L’émulation n’est-elle pas la meilleure manière d’obtenir des résultats ? Sommes-nous arrivés à un tel point d’anthropomorphisme que nous croyons être créateur et créature, sans autre nécessité que nous mêmes, définitivement autarciques ? Est-ce irrévocable ?
Une oeuvre incomparable, qui mérite tous les superlatifs, Jérusalem a demandé plus de dix ans de travail à son auteur, Alan Moore, l’homme derrière les iconiques comics Watchmen et V for Vendetta. Culte.
« Et si une ville était la somme de toutes les villes qu’elle a été depuis sa fondation, avec en prime, errant parmi ses ruelles, cachés sous les porches de ses églises, ivres morts ou défoncés derrière ses bars, les spectres inquiets ayant pris part à sa chute et son déclin ? Il semblerait que toute une humanité déchue se soit donné rendez-vous dans le monumental roman d’Alan Moore, dont le titre – Jérusalem – devrait suffire à convaincre le lecteur qu’il a pour décor un Northampton plus grand et moins quotidien que celui où vit l’auteur. Partant du principe que chaque vie est une entité immortelle, chaque instant humain, aussi humble soit-il, une partie vitale de l’existence, et chaque communauté une cité éternelle, Alan Moore a conçu un récit-monde où le moindre geste, la moindre pensée, laissent une trace vivante, une empreinte mobile que chacun peut percevoir à mesure que les temps semblent se convulser. Il transforme la ville de Northampton en creuset originel, dans lequel il plonge les brûlants destins de ses nombreux personnages.
Qu’il s’agisse d’une artiste peintre sujette aux visions, de son frère par deux fois mort et ressuscité, d’un peintre de cathédrale qui voit les fresques s’animer et lui délivrer un puissant message, d’une métisse défoncée au crack qui parle à la braise de sa cigarette comme à un démon, d’un moine du IXe siècle chargé d’apporter une relique au » centre du monde « , d’un sans-abri errant dans les limbes de la ville, d’un esclave affranchi en quête de sainteté, d’un poète tari et dipsomane, tous sentent que sous la fine et fragile pellicule des choses, qui déjà se fissure, tremblent et se lèvent des foules d’entités. Des anges ? Des démons ? Roman de la démesure et du cruellement humain, Jérusalem est une expérience chamanique au coeur de nos mémoires et de nos aspirations. Entre la gloire et la boue coule une voix protéiforme, celle du barde Moore, au plus haut de son art. » Claro
Broché: 1200 pages
Editeur : Inculte (30 août 2017)
http://alanmoore-jerusalem.fr/
Collection : INCULTE/DERNIER
Langue : Français
Asservissement culturel. Pilonnage intellectuel. Eradication de la pensée critique… Infotainment. Sensationnalisme. Sentimentalisme. Simplification du vocabulaire. Exaltation des commentateurs. Culte du corps. Dévalorisation du sacré. Aquoibonisme. Manichéisme extrémiste. Starification, glorification de la médiocrité. Suivisme…
La fonte de la matière grise n’est pas une menace mais une réalité. Les discussions de comptoir hier raillées sont aujourd’hui le fond de commerce des médias tout-puissant. Dealers d’émotions. Pourvoyeurs sans partage du quoi-dire – quoi-faire. Pourquoi chercher, alors qu’ils trouvent pour nous ? Pourquoi réfléchir, alors qu’en délégant notre cerveau au plus offrant, nous sommes comblés au delà de nos espérances ? Polémiques pour nos repas de familles, joies pour la machine à café, premier degré pour toutes et tous. Des cortèges de victimes expiatoires sont sacrifiées pour satisfaire notre ego. Des envies consuméristes éphémères sont marketées pour rassasier notre soif d’individualisme. L’idée de perfection est tellement banalisée qu’elle n’a plus de sens. Grâce aux notifications nous savons ce que nous devons savoir, sans nous poser de questions. A cause des théoriciens du complot, nous ne remettons plus rien en cause ou en perspective sous peine de risquer d’être qualifié de cerveau malade. La Vérité nous est fournie sur un plateau d’argent. La notoriété est le gage de valeur communément accepté. L’argent est la raison d’être référentielle. La prédiction des comportements, enregistrée par nos clics, permet de dégager un prototype de personnalité, je suis ce que je clique, je m’y conforme. Les networks ont trouvé la parade pour satisfaire les plus téméraires, des plateformes, des chaines de « contre-culture » qui imposent des styles, des mouvances, qui peuvent devenir des modèle imposables à chacun si viables commercialement… Les anti-systèmes nécessaires pour donner une illusion de démocratie, voient leurs velléités d’altérité systématiquement tuées dans l’oeuf (en général par le doute sur la probité des instigateurs ou la découverte de dossiers compromettants). En contrepartie, on flatte les porte-étendards d’une forme de liberté d’expression, qui ne peut être menacée tant qu’elle ne remet rien en question. Sans oublier la non-information superficielle servie en quantité gargantuesque sur les réseaux sociaux qui contribue chaque jour davantage à l’élagage de la réflexion. Pourtant même si ce combat s’apparente à celui de David contre Goliath, faut-il renoncer et accepter ? Ne pas s’en préoccuper, se dire que ce n’est, après tout, pas si grave et que rien n’empêche celui qui le souhaite de se nourrir autrement ? C’est sans doute vrai, mais on peut aussi avec quelques reflexes se détacher de la culture de l’instant, devenir hermétique au prêt-à-penser…
Varier les sources. Vérifier l’information. Remonter le fil de l’histoire. Accepter la différence. Se méfier des idées extrêmes ou simplistes. Lire. Ecouter attentivement. Créer. Réfléchir. Se tromper. Douter. Chercher ce qui relie plutôt que ce qui sépare. Découvrir. Vivre. Aimer…
Les pires détracteurs d’une série dépassent rarement les trois premiers épisodes de la première saison, tandis que les plus fervents supporters ont une plus grande propension à aller jusqu’au bout… Pour ma part, j’ai été Premiersepisodophobe, il m’arrive encore parfois de laisser une série au bord de la route mais chaque effort est récompensé 🙂
Prenez la Casa de Papel, Game of Thrones, Peaky Blinders, Son of Anarchy parmi la multitude des programmes qui rendent accros (à juste titre), leurs débuts sont souvent laborieux, difficiles à appréhender, lents et puis arrive le twist, le moment fatidique où l’on s’interroge, lorsque les personnages prennent de la consistance et deviennent attachants et c’est le délicieux engrenage, lorsqu’on se retrouve happés, que plus rien ne compte si ce n’est la suite, la vie sociale ne reprenant qu’au générique de fin. Pauvres Premiersepisodophobes qui ne peuvent faire preuve de cette ténacité et par conséquent abandonnent frustrés, avant l’emballage final et se montrent le plus souvent perplexes, aigris et sarcastiques devant les débats enflammés qu’entretiennent ceux qui ont vu … Alors chers Premiersepisodophobes je ne saurai que trop vous enjoindre de dépasser vos craintes ou votre manque d’enthousiasme, la suprême satisfaction est au bout !
*Est-il vraiment nécessaire de préciser que tout ceci est à prendre au deuxième degré … ?
Contes et fables ont de tous temps porté un message puissant sur le plan philosophique et sociétal. Notre époque désespérément encrée dans le premier degré n’est malheureusement plus en mesure de produire ni même d’apprécier ces formes littéraire qui pourtant donnent à réfléchir dès le plus jeune âge…
Dans la version classique, les trois petits cochons quittent le foyer familial et décident de s’installer. Le premier se construit une maison de paille. Le deuxième se construit une maison de bois. Le troisième, une maison de briques et de ciment. Le grand méchant loup parvient à détruire facilement les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon. L’interprétation la plus évidente de ce conte est celle de la capacité d’anticipation et le courage dans l’adversité, symbolisée par le loup. L’individu se contentant de se préparer comme les deux premiers petits cochons se fera détruire par les vicissitudes de la vie. Seule la personne se construisant une base solide peut faire face aux aléas. C’est aussi, selon Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées, une façon de dire aux enfants qu’on ne peut pas toujours dans la vie agir selon le principe de plaisir, les deux premiers petits cochons ne pensent qu’à s’amuser, mais qu’il faut se soumettre aussi au principe de réalité quand la vie l’impose. C’est également une allégorie rappelant que les enfants devenus grands quittent le foyer familial pour vivre leur vie, et que la vie est faite de choix, qu’il faut assumer.
Rousseau dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, nous dit ceci : « Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : “Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne!” Mais il y a grande apparence qu’alors les choses en étaient déjà venues au point de ne plus pouvoir durer comme elles étaient : car cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d’idées antérieures qui n’ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d’un coup dans l’esprit humain : il fallut faire bien des progrès, acquérir bien de l’industrie et des lumières, les transmettre et les augmenter d’âge en âge, avant que d’arriver à ce dernier terme de l’état de nature. […] La métallurgie et l’agriculture furent les deux arts dont l’invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c’est l’or et l’argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes, et perdu le genre humain. »
Quel rapport avec nos petits cochons ? Dans la version de Disney la plus connue, les Sus scrofa domesticus se réfugient chez leur frère bâtisseur qui les accueille, tout en assénant un message moralisateur censé leur servir de leçon. Pour autant, en unissant leurs forces, ils vainquent le loup qui n’a pas d’autre choix que de battre en retraite, bien qu’il rôde toujours, prêt à jaillir au moindre faux-pas… Que pouvons-nous en déduire ? Même si nous ne pouvons revenir à l’origine du genre humain et vivre tous ensemble affranchis du concept de propriété, nous pouvons créer ensemble les remparts contre la folie destructrice. Donner une deuxième chance à ceux qui commettent un faux pas, ne pas les condamner mais les encourager à donner le meilleur d’eux-mêmes et se servir mutuellement des apports des uns et des autres car au bout du compte, même si la maison du troisième est la plus solide, il n’a pas l’ingéniosité du premier, ni la témérité du deuxième, or ce sont ces qualités misent en commun qui permettent la victoire…
Poème, conte, fable, histoire, roman, essai, haïku, article, film, chanson, peinture, sculpture, discussion, discours, conversation… quelque soit la forme, il y a toujours matière à réfléchir, de multiples sens à découvrir, il ne suffit pas de se contenter d’une seule interprétation, mais au contraire, il faut s’efforcer de dégager des pistes de reflexions. Un contre sens peut apporte plus qu’une adhésion sans borne à un raisonnement aussi bien construit soit-il. Personne ne détient la vérité. Le plus important est de ne pas se priver de penser…
Depuis sa création en 1979 autour d’une innovation qui était l’arrivée des premières vidéos, MARC DORCEL n’a eu de cesse d’être précurseur sur les nouvelles technologies (VHS, DVD, VOD, 3D, Réalité Virtuelle ). Fort de cette riche expérience, le leader français de l’industrie du X lance DORCEL LAB, un incubateur pour startup osées.
Le pionnier de la luxure, toujours en quête de plaisir, réalise depuis plus de 5 ans plus de 70% de son CA dans le digital. Naturellement, la maison a donc commencé à investir dans des startup aux projets connexes, tels que Uplust le 1er réseau social non censuré, afin de soutenir et d’accélérer le développement de ces initiatives culottées.
Le DORCEL LAB est un incubateur dont les missions sont principalement d’identifier les projets innovants du secteur de l’adulte et répondant aux valeurs portées par la marque, de faciliter leurs développements en hébergeant, finançant et accompagnant les porteurs de projets. Concrètement, MARC DORCEL met à disposition des entrepreneurs : une plateforme pour développeurs afin de faciliter l’accès aux contenus, un service d’accompagnement et d’hébergement, des solutions de financement. Les activités roses participent largement aux développements des nouvelles technologies (minitel, web, Réalité Virtuelle ), néanmoins ces projets parfaitement légaux se voient refuser tout financement par les organismes bancaires ou les fonds d’investissement par fausse pudeur.
Adapté du roman de Brian Selznick, l’auteur de HUGO CABRET, WONDERSTRUCK suit sur deux époques distinctes les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu’il n’a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d’une mystérieuse actrice (Julianne Moore)…
WonderStruck
Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère (Michelle Williams) l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.
Avec
OAKES FEGLEY
JULIANNE MOORE
MICHELLE WILLIAMS
MILLICENT SIMMONDS WonderStruck
AU CINÉMA LE 15 NOVEMBRE 2017
Dans des tons symboliques en noir et or, les Powerbeats3 Wireless sont les derniers écouteurs sans fil créés pour vos sessions sportives et réaliser votre entraînement avec un son puissant et dynamique ainsi qu’une autonomie de 12 heures. Résistant à l’eau et à la transpiration et avec des cornes d’oreilles souples pour les maintenir en sécurité, les écouteurs ont également un Bluetooth de classe 1 vous permettant de vous tenir à longue distance de votre appareil Bluetooth. Il comprend également la puce W1 qui offre une connectivité Bluetooth simple, en une seule étape, et la possibilité supplémentaire de basculer simplement entre les différents appareils iCloud.
Vous n’aurez également jamais à vous soucier d’un niveau de batterie faible avant une séance de sport car sa technologie Fast Fuel vous permettra d’avoir une heure d’autonomie après seulement 5 minutes de charge. Il sera alors possible d’écouter de la musique, prendre un appel ou encore activer Siri facilement grâce à la commande Remote Talk.
Les Powerbeats3 Wireless « Trophy Gold » seront disponibles dans tous les Apple Store de France à partir du 26 Mai 2017. Pour plus d’informations beatsbydre.com
Les Singes et César sont sauvagement attaqués par une armée humaine. A la tête de celle-ci, un colonel impitoyable qui prône leur destruction. Déchiré entre ses instincts les plus sombres et sa volonté de protéger les siens, César construit sa vengeance. Le duel entre les deux leaders déterminera le destin de chaque espèce et l’avenir de la planète.
Un film de Matt Reeves Avec Andy Serkis, Woody Harrelson, Steve Zahn, Judy Greer, Karin Konoval, Amiah Miller, et Terry Notary
Si par le plus grand de hasard, que nous offre en l’occurrence l’art de la production littéraire, nous étions amenés à présenter d’un mot notre nouveau Président de la République à quelqu’un qui serait à peine sorti du coma et qui s’interrogerait sur les choses du monde, il est probable qu’à 99% et à l’instar de l’ensemble de la caste médiatique nous utiliserions le mot « jeune ».
Emmanuel Macron a presque 40 ans. Il est paradoxalement président d’un pays qui prône la valeur au nombre des années et au parcours « universitaire ». De ce côté là pas de soucis, l’homme est bien issu du sérail. En est-il de même pour son âge, quoi qu’en atteste des artères ?
Si l’homme est bien né le 21 décembre 1977, tandis que pou ma part je suis né le 26 Janvier 1976, alors, je m’interroge : A-t-il fait ses premières armes sur la NES, sur la Sega Master System, vidéopac, vectrex, super nes, megadrive ? Etait-il plutôt Pearl Jam, Nirvana, Guns, Metallica, Noir Désir, Joy Division, Cure, Beastie Boys, NTM ? A-t-il déjà planqué un Lui dans un journal l’équipe ? Etait-il devant son écran de télévision, le jour de la projection de la créature du lac noir en 3d dans la dernière séance ? Vécu la naissance et la mort de la 5 ? Lu Mad Movies, Strange, Spidey ? Suivi le top 50 ? Eu un yoyo ? Joué au Simon et au docteur Maboul ? Lu la bibliothèque rose et verte ? A-t-il fait un caprice pour avoir un Optimus Prime, un Dark Vador de chez Hasbro ? Est-ce qu’il connait par coeur, encore aujourd’hui le générique d’Ulysse 31 ou de de l’inspecteur gadget ? Porté fièrement des t-shirts Waikiki et un K-Way, si vraiment on a le même âge, alors on devrait nécessairement avoir des points communs ? Pif Gadget, les crados, Intervilles, Coluche, Les nuls, les inconnus, la bruelmania, 4 garçons plein d’avenir, la haine ? Est-ce qu’il associe Jump de Van Halen ou Go West des Petits Shop Boys à deux clubs de foot antagonistes ? Flipper, arcade, Jordan, Pump, Chevaliers du Zodiaque, Samantha Fox, crados, chevignon, act up, fusée challenger, Rambo, T2, Public Enemy, Stephen King, ça lui dit quelque chose ? Sommes nous vraiment issus de la même culture ? Je ne me reconnais que très partiellement dans les références Macronienne, mais il m’est plus aisé de m’approprier ses références que lui les miennes, surtout en vieillissant. Sub culture, pop culture, underground, il avait des copains punks ou gothiques ? Faisait-il des soufflettes et des aquariums dans des 205 GTI ? Considère-t-il Trainspotting ou Fight Club comme des chefs d’oeuvre ? On pourrait dérouler la pelote pendant des heures … Tout ça pour contrebalancer les fameuses et sempiternelles conneries de nos médias. Jeune dans le corps évidemment mais à quelle génération appartient-il, s’il n’a jamais été présent dans l’époque, si ses références, ses codes, ses appétences, viennent du passé ? Sommes-nous vraiment du même temps ? Manu, tu me prête ta Game Boy ?
Sofia Coppola signe l’adaptation et la réalisation d’un nouveau thriller à l’ambiance oppressante : LES PROIES.
En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.
Distribution: Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning, Oona Laurence, Angourie Rice, Emma Howard,Addison Riecke
Est-il seulement possible de vivre sans poésie ? Quand redécouvrir Mallarmé devient une nécessité…
Toute l’âme résumée
Quand lente nous l’expirons
Dans plusieurs ronds de fumée
Abolis en autres ronds
Atteste quelque cigare
Brûlant savamment pour peu
Que la cendre se sépare
De son clair baiser de feu
Ainsi le chœur des romances
A la lèvre vole-t-il
Exclus-en si tu commences
Le réel parce que vil
Le sens trop précis rature
Ta vague littérature.
Essayons de ne pas perdre notre temps en verbiages, le plus souvent incompréhensibles et contre productifs, essayons également de ne pas asséner de pseudos vérités ou des conseils qui n’ont jamais été suivis, par personne. Essayons ensemble de dépasser l’affolement et la précipitation du quotidien, essayons d’utiliser avec sagacité deux facultés majeures, le discernement et l’intuition. Le discernement étant l’art de faire les distinctions nécessaires à la connaissance ou à l’action, l’intuition, une prise de conscience immédiate et individuelle. Dans un monde résolument absurde et fondé sur l’apparence, pour quelle finalité ? “L’homme a pour conducteur le discernement et pour rênes la pensée parvient à l’autre rive de son voyage.” Upanishad “On tient pour suspectes l’induction et l’intuition ; l’induction, le grand organe de la logique ; l’intuition, le grand organe de la conscience.” Victor Hugo. Tout est contenu dans ces deux citations. Il est souvent plus aisé de faire appel à des paroles externes, pour ma part ce n’est pas une question de délégation de pensée mais une reconnaissance de l’acuité de certains à qui je laisse volontiers l’entière propriété de leur propos. Pourquoi appauvrir un message, pourquoi mal dire ou mal écrire alors que c’est si beau et si proche de la vérité ? Dans ces deux mots de discernement et d’intuition, il y a l’humain sans fard, sans costume, sans mensonges, l’humain au plus près de sa vraie nature. Le sens. L’essence…
Votes F-Haine par millions. Abstention record. Classe politique éparpillée façon puzzle. Médias fragiles. Penseurs embrigadés. Prêcheurs pour royalties. Lanceurs d’alerte planqués. Marionnettistes contrariés ou au contraire satisfaits ? Insoumis à fort pouvoir d’achat. Grande machine Capitaliste. Argent Classe moyenne amnésique. Argent. Référentiel à géométrie variable. Argent. Juste choix ou choix du juste, de la guerre ou de la paix ? France aux multiples fractures. Jeunesse inculte. Egos enivrés. Corps glorifiés. France qui ne jure que par son élite aristocratique déchue, choisie, expérimentée, qui s’enflamme pour les beautiful loosers, les numéros deux, les derniers à la peine mais qui ont du panache, du french flair a twisté les pronostics ou succombé à la soumission exigée ? En politique une absurdité n’est pas un obstacle.Napoléon Bonaparte
Les réseaux sociaux ont achevé leur mutation, agoras populistes et anxiogènes, instruments d’informations non vérifiées à forte résonance dramatique, de revendications globalisées, de peurs ancestrales, de sarcasmes et de cynisme, de jugements primaires et de farouches joutes, d’échanges, café du commerce sans alcools ni olives, où la sourde colère des incompris « matche » avec les fulgurances de ceux qui ont tout compris. Est-ce une régression sociétale ? Faut-il s’en inquiéter ? ou se féliciter d’avoir de tels moyens d’informations, aussi perfectionnés, qui nous éloignent de l’ignorance ? A moins là encore que ce ne soit une manoeuvre pour nous enfoncer toujours plus loin au fond de la grotte, effrayés par la lumière de la Vérité. Le dialogue, relation des personnes, a été remplacé par la propagande ou la polémique, qui sont deux sortes de monologue.Albert Camus
Lire, découvrir, voyager, penser par soi-même, écouter, aimer, cultiver, parler à bon escient, s’émerveiller devant la nature et les réalisations de l’homme, s’occuper de son microcosme, faire preuve de compassion, d’humilité, accepter l’autre, croire en soi, vivre… Ecrivez votre propre citation. Anonyme
Illustration :
Roberto Matta et Victor Brauner
1911 – 2001 ET 1903 – 1966
INNERVISION
huile sur toile
145 x 196 cm ; 57 x 77 1/8 in.
Peint en 1956.
Across performances I love to use voices, body, video, sound arrangement and installation to share my thoughts about the complexity of this generation. I am fascinated by social alienation. I like irreverent art in all medium, unconventional people watching.